The Right Move: le Pavillon Chine sur l’avenir des partenariats documentaires


En tant que force clé derrière le Pavillon Chine, Liu Wei partage sa perspective sur les transformations qui façonnent aujourd’hui l’industrie du documentaire. De la collaboration interculturelle aux opportunités et défis apportés par l’intelligence artificielle, elle évoque les ambitions internationales, les nouvelles priorités narratives et les partenariats qu’elle espère encourager à La Rochelle.

 

LIU Wei

1/ Relier les cultures

Le secteur connaît une profonde restructuration. Sur quels axes stratégiques concentrez-vous aujourd’hui vos efforts à l’international et quels objectifs précis vous êtes-vous fixés ?

Le China Pavilion considère depuis toujours le Sunny Side of the Doc, en France, comme l’une des plus importantes plateformes de coopération pour l’industrie mondiale du documentaire. Depuis notre première participation en 2017, nous sommes présents chaque année à La Rochelle. Cette année, à travers des événements tels que le « China Hour » et les « China–Brazil Copro Connections », nous mettons en lumière les dernières évolutions du secteur documentaire chinois ainsi que ses besoins en matière de coproduction auprès de nos partenaires internationaux.

Le China Pavilion concentre son action autour de trois priorités. La première consiste à approfondir les collaborations en coproduction avec les sociétés de production internationales. La deuxième vise à développer les réseaux de distribution mondiaux des documentaires chinois. La troisième est de promouvoir les projets cross-media ainsi que l’innovation collaborative dans les domaines des nouvelles technologies et des nouveaux médias.

Au cours des huit dernières années, grâce à la plateforme stratégique qu’est Sunny Side of the Doc, les professionnels chinois du documentaire et leurs partenaires internationaux ont contribué à la mise en œuvre de plus de trente projets de coproduction et de diffusion internationale, couvrant des modèles variés de coopération : joint production, distribution à l’international et échanges entre festivals.

Nous nous définissons comme un « connecteur de récits interculturels ». À l’avenir, nous souhaitons poursuivre notre collaboration avec les acteurs du monde entier afin d’utiliser le documentaire, un média qui transcende les frontières, pour aborder les grands enjeux communs à l’humanité et raconter des histoires qui méritent d’être entendues partout dans le monde.

2/ S’adapter au changement

Quels changements – qu’ils soient liés aux contenus, aux technologies ou au marché – influencent aujourd’hui le plus votre sélection de projets documentaires ? Comment cela se traduit-il concrètement ?

 Trois grandes évolutions influencent aujourd’hui notre processus de sélection.

La première est d’ordre technologique. Les technologies de l’intelligence artificielle, notamment celles liées à l’AIGC (AI Generated Content), interviennent désormais à toutes les étapes de la création documentaire. Cette évolution transforme les modes de production et nous conduit également à adapter nos critères d’évaluation des projets.

Pour cette édition, le China Pavilion présente notamment une sélection de plus de dix courts métrages réalisés par de jeunes cinéastes issus de concours universitaires, offrant un regard contemporain sur la culture chinoise à travers un format de programme collectif. Nous avons également produit deux courts métrages originaux haut de gamme, dont “Yanjing • Pei”, consacré à la rencontre entre innovation technologique et patrimoine culturel immatériel.

Parallèlement, nous avons observé une évolution particulièrement intéressante : certaines institutions françaises ont déjà produit des documentaires historiques de long métrage intégrant des technologies d’intelligence artificielle. Si ces nouveaux outils ouvrent des perspectives inédites pour la narration historique, ils soulèvent également des questions fondamentales : comment préserver la rigueur scientifique du récit lorsque le documentaire recourt largement à des contenus générés par IA ? Où se situe la frontière entre vérité et fiction ? Ces interrogations occupent désormais une place centrale dans notre processus d’évaluation.

Le deuxième facteur concerne le marché. Les canaux de diffusion – plateformes de streaming, télévision traditionnelle et réseaux sociaux – se multiplient tandis que les habitudes de consommation des publics évoluent rapidement. Cela nous pousse à adopter une approche multiplateforme dès la phase de développement des projets, en passant d’une logique de production destinée à un seul support à une véritable conception de contenus transversaux capables d’atteindre efficacement les publics sur différents écrans et plateformes.

Enfin, le troisième facteur est lié aux contenus. À l’échelle mondiale, les attentes des publics évoluent : le documentaire n’est plus seulement un vecteur d’information, mais un espace de résonance émotionnelle. Cette évolution nous conduit à privilégier des projets qui associent un fort ancrage culturel local à un véritable potentiel de diffusion internationale.

3/ The Right Move

Le thème du Sunny Side of the Doc 2026 est « The Right Move », avec l’ambition de favoriser de nouvelles collaborations. Quels partenaires espérez-vous rencontrer à La Rochelle que vous n’avez pas encore trouvés ?

Le thème de cette année, « The Right Move », répond directement aux besoins actuels du secteur. Pour le China Pavilion, les partenaires que nous souhaitons rencontrer à La Rochelle se répartissent principalement en deux catégories.

La première rassemble les créateurs et équipes de production qui travaillent sur les récits portés par les jeunes générations et sur les grands enjeux du développement mondial. À travers le « China Hour » et tout au long du marché, le China Pavilion mettra en avant une sélection de projets réalisés par une nouvelle génération de documentaristes chinois. Ces œuvres abordent, sous un regard jeune et sensible, des sujets d’intérêt mondial tels que le changement climatique, le développement durable ou les échanges interculturels, en associant proximité humaine et capacité à dialoguer avec des publics internationaux. Nous souhaitons rencontrer des partenaires qui partagent cette sensibilité et souhaitent développer ces projets à nos côtés.

La seconde catégorie regroupe les organisations internationales intéressées par les applications de l’intelligence artificielle, tout en étant conscientes de la nécessité de préserver un équilibre entre innovation technologique et profondeur éditoriale. L’IA est un outil ; ce sont les histoires qui touchent les publics. Nous souhaitons établir des collaborations durables avec des institutions qui adoptent les nouvelles technologies tout en restant attachées aux principes fondamentaux d’authenticité du documentaire, afin d’explorer ensemble les nouvelles pratiques créatives et les enjeux éthiques du documentaire à l’ère de l’intelligence artificielle.

À La Rochelle, le China Pavilion ne recherche pas seulement des acheteurs ou des partenaires de coproduction, mais des acteurs partageant une vision commune et prêts à faire ensemble « The Right Move ». Nous serons heureux de vous accueillir lors du « China Hour » ainsi qu’au sein de notre Pavillon, “let’s make the right move together”.

Plus meet the China Pavilion and join China Hour on Tuesday 23 June from 3:30 pm to 4:30 pm in the Lounge. Discover the latest documentary projects and co production opportunities from China, connect with broadcasters, streaming platforms, producers and distributors, and explore new ways of working together across borders in a rapidly evolving industry.