22 - 25 JUNE 2020 / LA ROCHELLE - FRANCE

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Sunny Side of the Doc
26
Mar

Conversation avec… Deborah Papiernik, Directrice du Développement des Affaires et des Alliances Stratégiques chez Ubisoft

En 2019, Ubisoft a, pour la première fois, été convié à participer à Sunny Side of the Doc. Une expérience riche en rencontres, échanges et opportunités dont Deborah Papiernik, Directrice du développement des affaires et des alliances stratégiques, nous partage aujourd’hui les résultats concrets.

L’occasion de nous expliquer également la réflexion menée par l’éditeur de jeu vidéo autour du documentaire et les passerelles existantes entre les secteurs.


Pouvez-vous expliquer comment le documentaire est entré dans la stratégie d’un éditeur de jeu vidéo comme Ubisoft ?

Assassin’s Creed – Ubisoft®

Il s’avère que j’avais déjà entamé une réflexion autour du documentaire avant de me rendre à Sunny Side of the Doc, puis de découvrir PiXii Festival. Il y a quelques années, Ubisoft avait été contacté par France Télévisions qui coproduisait un documentaire sur la Venise de la Renaissance mais ne disposait pas d’images réalistes et vivantes de cette époque. Ils nous ont alors sollicités pour utiliser certaines séquences de notre jeu « Assassin’s Creed » qui se situait à cette époque. Nous avons donc fourni les images et, pour la première fois, des séquences d’un jeu vidéo se retrouvaient diffusées en prime time. Ce qui a confirmé du bien-fondé de notre réflexion.

Ensuite, nous avons réalisé, en parallèle de nos jeux, les modules pédagogiques Discovery Tours Egypte et Grèce qui permettent de s’immerger dans l’environnement du jeu et d’apprendre sur les civilisations disparues sans avoir besoin d’être joueur. Pouvait-on aller encore plus loin ? L’idée qui a germé était alors de s’affranchir du jeu vidéo et de proposer nos images pour ce qu’elles représentent : une véracité historique, architecturale, validée par les historiens et un support pour les œuvres documentaires.


Avez-vous été contacté par des auteurs, producteurs ou est-ce une démarche active de votre part ?

J’ai commencé à me rapprocher de réalisateurs qui ont montré, pour certains, un intérêt mais il manquait encore une vision claire de leur utilisation. Le second volet de ma réflexion a été de contacter les chaînes de télévision pour leur proposer ces images mais, là encore, l’intérêt était présent mais pas le projet adéquat.

J’ai donc fini par approcher les producteurs – Bonne Pioche, Gédéon Programmes, Yuzu, pour n’en citer que quelques-uns – et, lors d’un événement autour du jeu vidéo, on m’a parlé de Sunny Side of the Doc comme étant LE lieu où je pourrai rencontrer des producteurs nationaux et internationaux et voir si les images des jeux Ubisoft pouvaient les intéresser. C’est donc à la fois cette réflexion entamée de longue date autour du documentaire linéaire et cette rencontre opportune qui m’ont donné envie de venir à La Rochelle.


Quels retours avez-vous eu lors de l’édition 2019 ?

J’ai adoré le monde du documentaire que je trouve très ouvert, peut-être plus que d’autres d’ailleurs. Cela tient aux gens, évidemment, mais aussi à la structuration du marché. Les producteurs sont passionnés, hyper curieux et savent être flexibles. Je me suis sentie très vite accueillie dans cette communauté et j’ai senti qu’on s’intéressait réellement à ce que les contenus 3D produits par Ubisoft pouvait apporter comme plus-value …


Avez-vous engagé des discussions, initié des collaborations ?

« Lady Sapiens, à la recherche des femmes de la préhistoire » sur France 5 © Ubisoft

Nous avions déjà engagé une collaboration avec Little Big Story pour « Lady Sapiens » et Sunny Side of the Doc a permis de la poursuivre. J’avais déjà rencontré Stéphane Millière (Gédéon Programmes), Sunny Side a été l’occasion de mieux se connaître, jusqu’à concrétiser nos échanges quelques mois plus tard pour produire l’expérience VR autour du film et de l’exposition « Pompéi renaît de ses cendres ». Plus largement, j’ai aussi eu des contacts avec PBS, NatGeo ou encore la NHK ; je ne sais pas si cela va aboutir à des projets concrets, mais j’ai eu beaucoup de rendez-vous très enrichissants à La Rochelle !

Au-delà des rencontres, ce qui m’a énormément plu, c’est la possibilité en un même lieu de comprendre la production, la diffusion et, ainsi, de proposer des business models adaptés en fonction des projets. Pour certains, ce sera uniquement de la reprise d’images, pour d’autres, possibilité sera donnée de refilmer des séquences à l’intérieur des jeux.. Plus que des jeux, ce sont des mondes 3D qu’Ubisoft peut mettre à la disposition des auteurs et producteurs.


 

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En venant à Sunny Side of the Doc, vous avez également découvert PiXii Festival. Vous attendiez-vous à voir autant d’innovation sur un marché du documentaire ?

Comme je le disais, je trouve que le secteur documentaire se caractérise par une grande ouverture d’esprit et beaucoup de curiosité. Le documentaire est un genre qui semble très ouvert à tester l’innovation.

PiXii est une chambre d’écho de cette curiosité et de ces innovations et, sans dire que je n’ai pas été surprise, il m’a semblé naturel et logique que ce champ des possibles soit à la disposition du documentaire. La réalité virtuelle, la réalité augmentée, le son binaural peuvent être de puissants leviers pour le public. Produire une œuvre incluant un documentaire linéaire, un projet digital sur Internet et une expérience de réalité mixte est une approche à mon sens pertinente.


Quels contenus mettrez-vous en avant sur le marché international en 2020 ? 

Je n’ai passé que deux jours l’année dernière à La Rochelle mais je vais faire mon possible pour organiser des rendez-vous encore plus concrets et productifs.

Concernant PiXii Festival, cette année, Ubisoft sera présent au travers de plusieurs expériences. Outre l’immersion VR autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, on pourra découvrir l’expérience « Cités Millénaires VR », développée par Ubisoft dans le cadre de l’exposition immersive produite par l’Institut du Monde Arabe avec Iconem, plus des séquences du Discovery Tour du jeu « Assassin’s Creed ». Il se peut enfin que nous montrions un autre dispositif immersif… On verra cela en juin.


Vous participez également à la table ronde autour des enjeux de distribution et de diffusion des œuvres immersives au-delà de l’exposition physique, par exemple dans un musée. Est-ce une problématique qui vous interroge ?

Il faut être clair : produire une œuvre immersive coûte cher tant pour le volet production que pour celui de la distribution. Ubisoft réfléchit toujours à l’international pour développer, produire et sortir un jeu vidéo. C’est la même chose pour une expérience VR : on doit penser dès la conception à un public international et à l’itinérance de l’expérience.

Faire voyager une exposition hors des frontières n’est pas toujours facile. Il faut trouver à la fois le lieu et les moyens adéquats. L’Institut du Monde Arabe a réussi à faire voyager l’exposition « Cités Millénaires » sur plusieurs continents. Mais dans les villes où l’exposition intégrale n’a pas encore été concrétisé, nous pouvons proposer une présence de la seule expérience VR. Cela a par exemple été le cas au salon World Press Photo à Montréal qui a accueilli 45 000 visiteurs en septembre dernier.

L’exposition est actuellement présentée, avec beaucoup de succès, au Smithsonian’s National Museum of Asian Art à Washington DC aux Etat-Unis (janvier-octobre 2020). Par manque de place, l’expérience VR n’y est présentée au public que quelques jours par mois.

Qu’il s’agisse d’exposition immersive ou de VR, il faut rester très flexible, très « agile », pour reprendre le vocabulaire du jeu vidéo ! Exactement comme vous savez le faire dans le monde du documentaire quand vous adaptez la narration ou la durée d’un film au format ou habitudes culturelles d’un pays.

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