EDITORIAL

Le plaisir renouvelé de la découverte

Un chauffeur de taxi me disait l’autre jour qu’il travaillait toutes les nuits et que dans la journée, après avoir dormi, il regardait France 5 très régulièrement, sans lire préalablement le programme. Il aimait être surpris, découvrir un documentaire sur un sujet inattendu, « apprendre, me disait-il, ce qu’il n’avait pas eu le temps ni la curiosité d’apprendre à l’école ». Il se faisait ainsi sa culture générale… Cette brève rencontre confirme ce que nous savons tous : l’une des fonctions sociales centrales du documentaire est bien éducative. On y apprend toujours quelque chose, sans avoir à « souffrir » devant une leçon didactique. On y puise soi-même ce que l’on est prêt à assimiler et à comprendre.
Cette News Letter est consacrée aux rapports entre les documentaires et les réseaux éducatifs, car les média numériques offrent de nouvelles opportunités de diffusion et d’utilisation de ces programmes, et pas seulement dans les établissements scolaires.
Nous avons voulu réunir à La Rochelle le 22 juin, à la veille de l’ouverture de Sunny Side, ceux qui, du Japon au Canada, de l’Angleterre à l’Australie, en passant par la France, inventent et expérimentent ces nouveaux sentiers de la connaissance, l’Office National de Film du Canada et la NHK japonaise en tout premier lieu. Le premier fête cette année ses 70 printemps, la seconde son cinquantenaire ! Institutions solides et respectées, elles sont parmi les plus innovatrices dans ce secteur ; elles sont les Sponsors de cette journée.
BBC, Open University, Teachers TV de Grande-Bretagne , la Télé éducative suédoise , Victoria Films (Australie), Rai Education (Italie), AETN (USA) et France 5, l’ADAV, le CLEMI, Cap Canal et le CNDP pour la France seront sur l’estrade. Sur le parvis de l’Espace Encan, le CRDP de Poitou-Charentes présentera le car-régie qui permet à des classes de Charente de réaliser leurs propres documentaires…
Pendant tout le Sunny Side, vous retrouverez tous ces intervenants sur le nouvel espace « INNOVATION / EDUCATION » où ils pourront présenter leurs sites, leurs productions, leurs outils et où vous pourrez apprendre à adapter vos productions à ces nouveaux réseaux de diffusion.
Trois classes primaires de La Rochelle vont travailler sur un film de Nicolas Philibert et les élèves pourront, le mardi 23 au matin, passer deux heures avec lui, poser toutes les questions qu’ils auront préparées…
C’est donc à l’ensemble des éducateurs que nous nous adressons, enseignants, militants associatifs, documentalistes, bibliothécaires… mais aussi aux producteurs de contenus qui trouveront lors de cette journée du 22 juin de nouvelles opportunités de développement et d’exploitation de leurs films et projets. L’entrée sera LIBRE et GRATUITE, dans la limite des places disponibles. Confirmez donc votre venue sur events@sunnysideofthedoc.com

Les articles qui composent cette 4ème News Letter vous donnent un avant-goût des étonnantes pratiques qui fleurissent sur la planète pour renouveler les modes de transmission vers tous ceux, enfants, adolescents ou adultes, qui ont soif d’apprendre et de comprendre. L’utilité publique des documentaires est aussi cachée là !
 

sofia

ENTETIEN
Nicolas Philibert invité d’honneur du Sunny Side

EDUCATION
Curiosphere.tv une plateforme web 2.0 à la conquête de l'Europe

Fabienne Fourquet, A&E Television Networks (AETN)


ANNIVERSAIRE
L'ONF : 70 ans à la confluence des nouvelles technologies et des mouvements sociaux

NHK Educational TV fête ses
50 ans !
Yves Jeanneau
   
   
ENTRETIEN
Nicolas Philibert invité d’honneur de Sunny Side
"Chaque film est une aventure singulière !"

   



Quelle est la place du documentaire en 2009 ?

On ne peut évidemment plus parler du documentaire comme on en parlait il y a quinze ou vingt ans. À l’époque le documentaire était vraiment considéré comme un genre mineur, le parent pauvre du cinéma. Non seulement il s’en tournait beaucoup moins qu’aujourd’hui – la révolution numérique n’avait pas eu lieu - mais c’était un genre un peu méprisé, du moins ignoré. À de rares exceptions près, les revues de cinéma, les critiques ne s’y intéressaient pas. Les cinéastes dignes de ce nom, c’étaient ceux qui faisaient de la fiction. De ce point de vue, les choses ont tout de même un peu évolué, même si ce n’est pas encore ça, loin s’en faut ! Il y a toujours une ambiguïté. Sous prétexte qu’on y montre de « vraies » situations et de « vraies » personnes, beaucoup de gens prennent ce qu’ils voient sur l’écran pour LA réalité. Et puisque c’est LA réalité, ce n’est pas vraiment du cinéma !
En fait, le terme documentaire recouvre aujourd’hui des pratiques extrêmement variées. De même qu’il y a des fictions à très gros et à tout petit budget, il y a des documentaires tournés en solo - en DV - et à l’opposé, des superproductions comme Océans, le film que termine actuellement Jacques Perrin, qui a nécessité 3 ans de tournage sur toutes les mers du monde.  On ne peut donc plus parler du documentaire en général, il faut préciser. En plus, le grand public continue à confondre documentaire et magazine, parce que la télévision entretient cette confusion.

N’y a-t-il pas un paradoxe, toutefois ? D’un côté, un fort développement du genre et de l’autre, une restitution extrêmement réduite de cette importante production ?
La situation est assez paradoxale, en effet. Quand on circule un peu dans les festivals, on voit bien qu’il y a une explosion du genre documentaire, aussi bien par le nombre de films tournés que par l’enthousiasme que suscitent ces manifestations, dont la programmation témoigne souvent d’une grande diversité d’écritures et d’approches. De nouveaux festivals naissent chaque année en Europe de l’Est, en Amérique Latine, au Moyen Orient… J’étais en septembre dernier à Bogotá, puis au Mexique, et très récemment à Damas, à l’occasion de la deuxième édition de Dox Box, un festival indépendant qu’un petit groupe de passionnés vient courageusement de créer dans ce pays où, depuis quarante ans, documentaire rime avec propagande… Où que l’on aille, les salles sont pleines, il y a des forums, des débats, un véritable engouement ! Et en face, des chaînes de télé pour le moins frileuses, notamment en matière de formes. Il y a quelques îlots, bien sûr : ARTE, comme toujours, malgré une certaine érosion, quelques chaînes scandinaves, mais globalement, la télévision est loin de refléter cette richesse, cette diversité. On peut parler de tout à la télé, pourvu que ça reste dans des formes balisées, rassurantes, standardisées et en un mot, divertissantes. C’est comme s’il y avait deux mondes parallèles, qui ne se croisent presque jamais. La dimension subjective que porte la pratique documentaire, avec ce qu’elle peut avoir de dérangeant, n’est pas tolérée à la télévision. Tout ce qui pourrait faire douter, éveiller un sens critique, sortir les gens de la place qu’on leur a assignée n’est pas de mise sur le petit écran. La télé, c’est comme le bromure, ça sert à nous endormir. Le bromure, vous savez… cette substance qu’on donnait autrefois aux soldats, en l’ajoutant discrètement à leur vin, pour calmer leurs ardeurs sexuelles ! Souvenez-vous de la petite phrase de Patrick Le Lay : « Ce que nous vendons à Coca Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible… »  À de rares exceptions près, rien de ce qu’on peut voir au Cinéma du Réel, au FID (Marseille), au Festival dei Popoli (Florence) ou à Punto de Vista (Pampelune) ne remonte vers le petit écran. Les responsables des chaînes semblent ne raisonner qu’en termes de « cases »  - tout ce qui dépasse est coupé - et en termes d’« évènements ». Pour rompre le train-train, faire de bons scores, damer le pion aux chaînes concurrentes, il faut en permanence créer de l’ « événementiel », et de ce point de vue, tout est prétexte. On saute sans arrêt d’une commémoration à une autre, d’un anniversaire à une « soirée spéciale »…
Enfin, dernier paradoxe : depuis 10 ans, on assiste à un retour en force du documentaire en salle, à Paris en particulier ; mais l’offre est telle, la concurrence si rude que la plupart des films quittent l’affiche à peine sortis. Conclusion : malgré l’embellie à laquelle on assiste depuis quelques années, l’aventure documentaire demeure fragile.

Votre pratique du métier de documentariste a-t-elle évoluée avec les années ?
Vous savez, je n’ai jamais décidé de devenir « documentariste », c’est-à-dire de camper une fois pour toutes à l’intérieur d’un espace donné. D’ailleurs je déteste ce mot de « documentariste », je le trouve terriblement plombant ! Il se trouve que mon premier film était un documentaire (ndlr, La voix de son maître, 1978, co-réalisé avec Gérard Mordillat), et que de le faire m’a donné envie d’en faire un autre, et puis après, ça s’est enchaîné au gré des événements. C’est aussi à cette époque que j’ai découvert les films de Wiseman, Van der Keuken, Perrault, Kramer, Boris Lehman, des styles, des écritures qui n’ont fait que décupler ma curiosité, mon désir d’avancer à mon tour sur ce territoire, dont j’étais encore loin d’imaginer l’immensité.

Alors oui, comme tout un chacun, j’évolue, à la fois parce que je suis pris dans un mouvement général, une évolution des techniques, des mentalités, des pratiques de production, mais aussi parce que chaque film me donne l’occasion d’explorer de nouvelles pistes, de me confronter à de nouvelles questions !

Entre La voix de son maître, qui nous plonge dans le discours patronal et La moindre des choses, tourné à la clinique psychiatrique de La Borde ou encore Retour en Normandie,les relations avec les personnes filmées ne sont pas les mêmes, chaque film est une aventure singulière et si je devais, d’un film à l’autre, appliquer une méthode, je m’ennuierais terriblement.

Vous vous considérez comme un improvisateur, à l’instar d’un musicien de jazz ?
Disons que pour chaque nouveau film, j’ai besoin de définir un point de départ, un cadre à partir duquel des choses pourront émerger. Ce cadre, c’est tout ce qu’on met en place pour faire naître du désir. Le psychiatre Jean Oury a une belle expression que je cite souvent, il parle de « programmer le hasard ». Pour moi, faire un film, c’est un peu de cet ordre-là. Lorsque le tournage commence je ne connais encore ni le point d’arrivée ni le détail de l’itinéraire que je vais emprunter. Beaucoup de choses sont encore ouvertes et reposent sur ce qui va se passer au fur et à mesure que les relations se construisent entre les uns et les autres… Je ne fais donc pas mes films à partir d’un point de vue savant, d’une somme de  connaissances accumulées au préalable et qu’il s’agirait de restituer. Au contraire, je les fais à partir d’un non-savoir, d’une envie d’aller vers l’inconnu. C’est bien plus risqué, mais c’est beaucoup plus excitant ! Chez moi, la méthode se confond avec les films eux-mêmes, et ce qui me plaît, c’est de repartir à zéro, d’inventer le film en le faisant, de pouvoir continuer à le chercher le plus longtemps possible.


Est-ce à dire que vous faites des films bien davantage pour apprendre que pour instruire ?
Oui, parce qu’il ne s’agit pas pour moi de traiter un sujet. Au contraire, j’essaie de m’affranchir de cette dimension didactique qui condamne par avance la portée cinématographique d’un projet. L’exemple de La ville Louvre est assez éclairant : il n’y a pas un mot d’explication. Mais il a fallu tenir bon. Au montage, les coproducteurs voulaient m’obliger à écrire un commentaire. Pour Le pays des sourds, mon idée était de plonger d’un seul coup les spectateurs dans l’étrangeté de cette langue des signes, sans explication ni mode d’emploi, quitte à les laisser patauger un peu, au moins au début. Une façon de leur faire éprouver – à l’envers – ce que peuvent ressentir les sourds dans notre monde à nous. Quand l’idée de ce film est née, je n’ai pas cherché à rencontrer les spécialistes, les médecins, les psychologues, les parents, ceux qui ont un discours « sur », de peur de mettre le film sur des rails avant même d’avoir rencontré les principaux intéressés. Sans quoi les sourds auraient eu l’impression d’être considérés comme des « cas », des objets d’étude. S’ils m’ont ouvert leur porte comme ils l’ont fait, c’est parce qu’ils ont été sensibles au fait que j’apprenne les rudiments de leur langue, que je veuille communiquer directement avec eux, sans intermédiaire ni interprète.

Les unités documentaires des chaînes de télévision demandent de plus en plus de gages aux cinéastes…
Avant de risquer de l’argent, les chaînes veulent des garanties, c’est bien normal. Et que cela passe par un travail d’écriture ne me semble pas extravagant ! C’est important d’écrire, pas seulement pour chercher le financement, pour soi-même aussi… Mais c’est parfois un peu compliqué, surtout quand la chaîne exige des informations auxquelles il est difficile de répondre tant que le tournage n’a pas eu lieu : une liste exhaustive des séquences, une chronologie, le détail de ce que diront les personnes filmées… Personnellement la phase d’écriture c’est quelque chose que j’adore, même si j’ai parfois de la peine à m’y mettre. Il faut trouver le ton, la porte d’entrée et après, c’est parti ! Je suis persuadé que si on prend du plaisir à écrire, cela se ressent dans le texte, et cela joue auprès des lecteurs.

Comment expliquez-vous le succès mondial d’Etre et Avoir ?
D’abord, ce succès, j’en ai été le premier surpris ! Pensez donc, un documentaire, sur un thème apparemment banal, au rythme assez lent, tourné avec des petits moyens, dans un village perdu… Alors les raisons ? Il y en a certaines qui m’échappent, c’est sûr, parce qu’à quelques mois de distance un même film marchera ou pas... Mais pour le reste, il y a sans doute le thème, justement ! Un thème qui peut sembler banal, c’est vrai, mais qui ne l’est pas, en réalité, parce que l’école est un passage déterminant dans la vie de tout un chacun. Il se trouve d’ailleurs que c’est le seul endroit où on est obligé d’aller quand on est petit, et où l’on n’a plus le droit d’aller quand on est grand ! D’où une certaine curiosité. Quand on a des enfants, on aimerait bien pouvoir y retourner, se glisser en cachette dans leur classe, pour voir comment ça se passe… D’autant plus qu’aujourd’hui, l’école est fragilisée, menacée. Dans tous les pays où j’ai accompagné le film, j’ai entendu la même chose : une profonde inquiétude, la violence, les inégalités, les classes surchargées, une crise de confiance entre le corps enseignant et les parents… Au fond, l’école reflète toute la violence de la société et dans ce contexte, le film avait quelque chose de rassurant, qui rapprochait les gens : le côté cahin-caha, ce mélange de petits et de grands, une solidarité, un instituteur un peu bourru, vieux style, mais consciencieux, véritable incarnation de l’école laïque et républicaine…Et puis les larmes de Nathalie, les facéties de Jojo, tous ces enfants auxquels on pouvait s’identifier. C’est un film que les gens avaient envie de partager, de voir ensemble.

 
 
EDUCATION
Curiosphere.tv une plateforme web 2.0
à la conquête de l'Europe

La consultation des vidéos sur le web n'est plus l'apanage des seuls Daylimotion ou YouTube. Le web 2.0, très en vogue chez les jeunes, peut même avoir des vertus éducatives si l'on se penche sur le site www.curiosphere.tv qui connaît actuellement un succès grandissant.



Créé il y a un peu plus de deux ans par les équipes de France 5, le portail Curiosphere.tv est une émanation de la rubrique éducation du site de la chaîne de télévision. Mais, depuis pas de doute là-dessus pour Jean-Marc Merriaux, Directeur des actions éducatives de France 5, Curiosphere.tv propose une ligne éditoriale réellement originale par rapport à la chaîne de télévision qui lui sert de matrice. « Si l'essentiel des programmes diffusés sur ce site web provient des programmes de France 5, Curiosphere.tv produit 15 à 20 % de ses contenus de manière spécifique. C'est notamment le cas, lorsqu'elle décide de couvrir des événements qui font l'actualité comme La Semaine des médias ou le Festival international du Film de Cannes. Curiosphere propose alors des contenus spécifiques produits en interne ou avec l'aide de producteurs extérieurs ou d'écoles audiovisuelles. Curiosphere.tv est d'ailleurs organisé comme une chaîne traditionnelle avec un service chargé de l'acquisition des programmes auprès de France 5 ou de tout autre producteur ou distributeur de contenus pédagogiques, mais aussi un comité éditorial qui définit régulièrement le contenu qui sera mis en avant sur le site ».

Bien entendu, Curiosphere.tv dispose de ses propres développeurs web. Ils ont entre autres comme tâche de découper et mettre en valeur les programmes audiovisuels, afin qu'ils soient faciles à consulter et que

l'internaute n'éprouve pas de lassitude en les regardant. Ainsi, chacune des vidéos en ligne ne dépasse guère les cinq minutes. Elle est généralement associée à un texte court et à d'autres vidéos ayant un rapport avec le même sujet.

Les développeurs de Curiosphere.tv ont aussi mis en place des modules communautaires au sein de cette plateforme web, comme l'espace « Zeprofs ». ZeProfs offre la possibilité aux professeurs de communiquer et partager des ressources avec le reste de la communauté enseignante, de créer son blog vidéo, de profiter de nombreuses ressources exclusives (vidéos, fonds de carte interactifs, dossiers multimédias...) et même de disposer d'un petit outil de montage vidéo en ligne permettant d'utiliser simplement l'audiovisuel comme support pédagogique en classe.

Succès d'audience au rendez-vous

Le succès d'audience est aujourd'hui au rendez-vous de Curiosphere.tv, puisque le site regroupe près de 200 000 visiteurs uniques chaque mois qui consultent 3 millions de pages vues lors de 500 000 visites. Un succès qui a incité Jean-Marc Merriaux et son équipe de France 5 Education à prendre en charge dans les mois qui viennent la mise en place d'un grand portail audiovisuel européen éducatif. Ce projet ambitieux regroupe des partenaires européens, dont un grand nombre de chaînes de télévision à la fois publiques et privées. Il dispose d'un budget de 4 millions d'euros provenant principalement de la commission européenne, tandis que France 5 apporte dans l'affaire 2 millions d'euros en industrie. Le site européen nécessitera 30 mois de développement et sera prêt dans sa première mouture en janvier 2010. Après quoi il fera l'objet d'une série de tests durant de longs mois encore.

En marge de ce grand projet à l'échelle de l'Europe, France 5 Education se veut aussi pionnière en matière d'interactivité. Elle présentera en avant-première lors du prochain Sunny Side of the doc un web documentaire sur l'obésité en France réalisé par Samuel Bollendorff, ce même journaliste qui avait mis en œuvre un documentaire multimédia particulièrement réussi « Voyage au bout du Charbon » diffusé sur le site web du journal Le Monde. Et, si l'éducation devenait un terrain d'exploration...
 
 
Le service Educ'image du CDDP de la Charente et son Vidéobus

Le service Educ’image du CDDP de La Charente a mis en place un vidéobus se déplaçant dans les écoles de Charente, des maternelles aux lycées. L’objectif étant de faire participer les établissements scolaires à la réalisation d’un documentaire, de l’écriture du scénario à sa conception. Equipé de matériel de tournage et de montage numérique, il permet aux enfants de s’initier au monde de l’image vidéo et du documentaire en proposant notamment un studio pour les tournages, pour les montages et une régie qui constituent une véritable « classe image » à domicile.  Les jeunes peuvent ainsi aborder toutes les étapes d’une création audiovisuelle, découvrir un monde nouveau et pourquoi pas une vocation future… http://www.crdp-poitiers.cndp.fr/cddp16/index.php?affzone=educimage

 

France 5 et le CNDP autour de www.lesite.tv

D'une façon un peu différente à Curiosphere.tv, Lesite.tv fonctionne à la manière d'une immense vidéothèque en ligne. Les vidéos disponibles, y sont indexées en concordance directe avec le contenu des manuels scolaires. Ce site web auquel plus de 4000 établissements scolaires sont abonnés est en fait géré par un GIE détenu à 65 % par France 5 et 35 % le CNDP (Centre National de la Documentation Pédagogique). Les équipes de Jean-Marc Merriaux à France 5 s'occupent de toute la partie technique du site, tandis que le CNDP intervient sur la partie éditoriale, notamment en tant que caution pédagogique concernant le choix des contenus audiovisuels qui y sont diffusés.

 
 

Fabienne Fourquet, A&E Television Networks (AETN) :
distribuer les nouveaux médias de manière localisée


Joint-venture de ABC, Hearst et NBC, AETN (800 collaborateurs dans 140 pays) édite des chaînes thématiques de renom, dont History Channel et Biography Channel, et produit chaque année un millier d’heures de programmes HD pour des plates-formes numériques. AETN crée également des programmes courts adaptés à ces plate-formes. Une stratégie verticale qui vise à entraîner son public sur tous les réseaux.

En quoi consiste exactement votre rôle au sein d’AETN ?
A bâtir des partenariats avec des opérateurs afin d’exploiter au mieux chaque nouvelle plate-forme Internet. J’initie, par exemple, des partenariats avec des plates-formes Internet globales, type You Tube ou MSN. J’apporte également une aide aux chaînes de télévision thématiques « locales » avec lesquelles nous travaillons pour qu’elles construisent elles-mêmes des portails web. Le développement de notre distribution passe également par des accords de vente de programmes avec les chaînes elles-mêmes, comme la chaîne Histoire en France. Et je m’occupe enfin de la création de nouveaux produits, tels que les applications pour iPhone.

History Channel a la particularité d’être une chaîne thématique grand public…
History c’est une définition de l’Histoire beaucoup plus étendue que ce qu’on peut voir en Europe pour ce type de media. Notre terrain de jeu va en effet des origines de l’Univers à la journée d’hier ! D’où des audiences, par delà même la dimension internationale d’History Channel largement supérieures à des chaînes thématiques plus traditionnelles comme la chaîne Histoire en France.

Vous êtes en outre très impliqués dans le secteur de l’éducation…
On fait beaucoup de choses, en effet, notamment aux USA, où nous avons des relations avec plus de 250 000 professeurs. Tous les trois mois, nous leur envoyons un guide leur présentant les programmes qui peuvent avoir de l’intérêt pour leurs cours, ces programmes étant téléchargeables depuis notre site Internet. Nous participons également à un groupe qui s’appelle Cable in the Classroom (CIC), littéralement « Câble dans la classe ». L’idée c’est que tous les matins de 7 à 8 h, nous diffusions un programme que les profs ont le droit d’enregistrer pour le montrer à leurs élèves, et parallèlement on leur donne du matériel éducatif. On a été plusieurs fois récompensé pour cette initiative. On fait des choses à l’international aussi, notamment de la diffusion de documentaires en salle, où l’on invite des classes. En fait, on s’adapte selon le pays. En Israël, par exemple, tous les ans en juin, on diffuse, en partenariat avec une plate-forme du câble, une vingtaine de programmes en relation avec l’équivalent là-bas de notre baccalauréat.

Quelle est la base de votre offre de produits multimedia ?
C’est notre librairie de programmes télé. Pour History Channel, on est la plupart du temps unique producteur, ce qui, bien sûr, facilite l’utilisation des droits multimédia.

Quel est votre modèle économique ?
Nous en avons pluiseurs : certaines plate-formes multimédia sont payantes, d’autres reposent sur la publicité. Tout ce qui touche au téléphone mobile est généralement payant. Tandis que la vidéo sur Internet est le plus souvent gratuite. Aux Etats-Unis, on voit beaucoup de vidéos longues sur Internet payées par la pub mais en Europe, ce n’est pas encore envisageable, les ressources publicitaires étant la plupart du temps insuffisantes pour couvrir les coûts de distribution.

La crise impacte-t-elle le marché ?
Si les revenus publicitaires de la télévision sont nettement touchés, la décroissance est moins forte sur le web et la vidéo sur Internet. Pour la vidéo, on prévoit même encore 20 % de croissance par an pour les cinq prochaines années. Il y a une certaine logique à cela : les entreprises ont moins de budget marketing donc ils investissent plus sur des supports moins chers.

Comment voyez-vous l’avenir pour History
Channel ?
On pourrait résumer le défi qui se présente à nous ainsi : comment étendre la définition de la marque ? Autrement dit, comment être plus qu’une chaîne, un media qui crée du contenu autour de l’Histoire ? Nous avons dans cette optique plusieurs idées de développement de contenus ou de services, comme la production de vidéos courtes accessibles via le GPS qui raconteraient l’histoire de l’endroit où vous vous trouvez. Nous songeons déjà à faire des pilotes sur certaines villes, lesquels pourraient intéresser un support comme Google Maps. La réutilisation de ce que l’on fait pour la télé pour constituer une base de ressources sur le web est une autre piste de réflexion.

 
 
NEWS

Sunny Side of the Doc : Inscriptions visiteurs en ligne jusqu’au 18 juin et à l’Espace Encan dés le 22 juin.

Grand Ecran Documentaire – 12 films en projection gratuite à la Médiathèque Michel Crépeau de La Rochelle, 6 films exceptionnels en avant-première à l’Espace Encan, 37 films en consultation libre à la Médiathèque - Retrouver tout le programme sur : www.sunnysideofthedoc.com

AST – Sciences et Images, mercredi 27 et jeudi 28 mai au Forum des Images :
www.science-television.com/accueil.php5

 
 
ANNIVERSAIRE
L'ONF : 70 ans à la confluence des nouvelles
technologies et des mouvements sociaux

L’Office national du film du Canada (ONF), organisme public de production et de distribution de films, innove depuis 70 ans dans le domaine du documentaire socialement engagé, du cinéma d’animation d’auteur et de la fiction alternative. Aujourd’hui, soixante dix ans après sa création l’ONF a décidé de valoriser ce patrimoine prestigieux et d'exploiter de nouvelles formes de création plus collaboratives grâce à l'Internet notamment.
   
   

Au fil de ses soixante-dix ans d'histoire, l’ONF a produit plus de 13 000 œuvres qui ont reçu plus de 5000 récompenses, dont 12 Oscars. Un patrimoine prestigieux qui a décidé l’ONF à le valoriser en mettant en ligne une énorme vidéothèque de ces films. Tom Perlmutter, commissaire du gouvernement à la cinématographie et président de l'ONF ne tarit pas d'enthousiasme sur ce projet : « L'idée de départ était de rendre accessible au plus grand nombre des oeuvres majeures dans l'histoire du cinéma canadien comme les films de Pierre Perrault ou de Michel Brault et Claude Jutra.
Cette vidéothèque virtuelle a été mise en ligne il y a un peu plus de trois mois et déjà elle représente environ un millier de films consultables librement par n'importe quel internaute. Les films se répartissent entre 60 % de films en langue anglaise et 40 % en français. Cela a nécessité un travail énorme de numérisation des films durant 18 mois. Nous avons cherché en particulier à obtenir une qualité bien supérieure aux vidéos qui sont diffusées sur Youtube. Un gros travail a consisté aussi à récupérer les droits de diffusion de ces films datant pour beaucoup des années 50 et 60 ».

De nouvelles pistes de création

A noter, que cette base de données accessible à partir du site Internet de l'ONF a pour vocation de vivre bien au-delà de la commémoration des 70 ans de l'organisme. Au fil du temps l'expérience interactive s'enrichira, afin de devenir une sorte de portail sur les fondements du cinéma canadien.
La mise en place de cette vidéothèque virtuelle a aussi été l'occasion de réfléchir plus généralement sur les changements dans le processus de création du fait des technologies numériques et sur la manière de créer une autre langue cinématographique tenant compte de l'avènement des nouvelles technologies numériques.
Tom Perlmutter est parti du raisonnement suivant :  « L'ONF est un des rares organismes publics dans le monde à disposer de moyens conséquents pour produire et distribuer des films. Nous avons donc une responsabilité et un devoir à mon sens de prendre des risques en termes de création. L'ONF a en particulier toujours été à la conjonction des nouvelles technologies et des changements sociaux qui ont modifié la manière de construire les oeuvres cinématographiques. Au Québec, le « cinéma direct » est étroitement lié à l'apparition des petites caméras G et du son synchronisé qui sont arrivés sur le marché en même temps que la révolution tranquille offrait de nouveaux espaces de liberté pour la création documentaire.

Cela a donné lieu à la fin des années 50 et au début des années 60 à de grands chefs d'œuvres comme La suite du monde de Pierre Perrault. Dix ans plus tard, ce sont des sociétés qui se créèrent dans le but de mettre au point un cinéma engagé ».

Aujourd'hui, le constat est plutôt lié au développement de nouvelles technologies comme la vidéo sur l'Internet qui a très largement participé au succès de Barak Obama aux récentes élections américaines. « Nous sommes à un moment charnière en termes de changements démocratiques et d'évolution de l'usage des nouvelles technologies numériques. Nous pensons à l'ONF que nous pouvons participer à ces changements profonds en aidant à la création d'œuvres originales, novatrices ».

Une écriture expérimentale autour du thème de la crise

Pour parler du thème de la crise économique par exemple, l'ONF est en train de lancer une nouvelle forme de films qui mélangent la créativité de huit cinéastes différents à travers tout le pays. Chacun d'eux va parler à sa manière de la vie ordinaire des gens et des changements occasionnés par la crise. « In fine, cela donnera une œuvre collaborative totalement inédite. Durant 18 mois ce documentaire sera une œuvre organique, non linéaire qui évoluera en permanence. Le processus de création va s'écarter de la manière construite de faire du documentaire qui consiste à tourner, monter et diffuser selon une chronologie immuable. Il existe aujourd'hui toute une série de pratiques de création collective d'œuvres dans le domaine de la musique avec le Mash-up qui participent de ce même principe ».
Dans la même veine, l'ONF vient de sélectionner parmi une centaine de cinéastes chevronnés, deux cinéastes francophones et quatre anglophones qui vont être hébergés en tant qu'artistes en résidence durant deux ans et vont travailler sur la création de films documentaires pour les salles de cinéma. « Nous leur demandons de repousser plus loin les limites du documentaire pour les salles. Et, nous les aidons en invitant d'autres cinéastes de renom à venir les aider dans leur travaux comme Wim Wenders récemment ». Et ce n'est qu'un début, car l'ONF foisonne d'autres idées pour : « enrichir le vocabulaire du cinéma du 21ème siècle et repousser les limites de la forme et du contenu avec des projets de cinéma communautaire, des productions multiplateformes, du cinéma interactif, de l'animation stéréoscopique... ».

 
 
NHK Educational TV fête ses 50 ans
   

La chaîne de télévision NHK Educational TV a démarré le 10 Janvier 1959 et a d'abord diffusée 4 heures 20 de programmes chaque jour. L’objectif de cette chaîne était alors d'exploiter les capacités culturelles et éducatives de la télévision pour jouer un rôle distinctif de l'école et de l'éducation familiale ou communautaire. Il s’agissait aussi de répondre à une demande du public pour plus de programmes éducatifs et culturels à la télévision, et pour protéger les jeunes des effets néfastes de la sensualité de certains programmes de divertissement et de contribuer à leur développement humain. Au fil du temps, la chaîne a élargi son éventail de programmes et développé une vaste gamme de programmes orientés vers les enfants et les écoles, ainsi que des programmes de loisirs et d'étude des langues, ainsi que des programmes pour les adolescents et les jeunes adultes qui mettent l'accent sur les questions de bien-être, d'art et de culture. À l'heure actuelle, NHK Educational TV est diffusé 21 heures par jour et les programmes éducatifs et culturels, respectivement, représentent au moins 75 % de la grille de programmes. Si la chaîne de télévision demeure le noyau dur de NHK Educational TV, plusieurs plates-formes Internet et sur téléphonie mobile ont été développées.

Pour son 50ème anniversaire, NHK Educational TV a décidé de mettre en avant les valeurs liées à «l'aventure de l'apprentissage». NHK est en train de réaliser une campagne de programmes pour les enfants tout au long de cette année dont le but est d’apporter une contribution sur les questions de bien-être et de parentalité. Il y aura des documentaires porteurs d’avenir traitant des problèmes et des préoccupations des enfants, ainsi que des programmes offrant des pistes pour résoudre les différents problèmes rencontrés par les parents modernes.
   
http://www.sunnysideofthedoc.com