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EDITORIAL

Les documentaires : des films d’utilité publique

 

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Depuis le 8 Janvier 2008, la Télévision de Service Public en France est soumise à rude épreuve. La nouvelle loi est entrée en application avant même d’être débattue au Sénat. Elle est aujourd’hui promulguée. C’est un fait et une nouvelle donne. Les inquiétudes sur la pérennité de ses financements et sur son autonomie demeurent.

La réforme interne était déjà engagée, elle s’effectuera, au risque pour les chaînes de perdre encore plus de leur identité, pour les producteurs et créateurs de n’avoir qu’un seul guichet ouvert (et saturé) pour discuter de leurs propositions. Mais le débat éditorial n’a pas eu lieu. Toute cette réforme ne peut s’imaginer sans que les questions des contenus, des lignes éditoriales, des cases, des rediffusions, des contrats, des éditions pour le Web ne soient remises à plat et en discussion. Concrètement, où iront les documentaires animaliers, et quels documentaires animaliers ? Idem pour les scientifiques. Ou pour les films historiques…

Et d’autant plus pour les films d’investigation, si dérangeants… L’investigation, la vraie, ne se fait pas en trois semaines et en six jours de tournage. Elle nécessite temps et persévérance, compétence et spécialisation. Cela coûte plus cher.Mais elle permet de produire des films surprenants, qui suscitent la controverse, qui attirent des publics plus jeunes, plus actifs, qui génèrent davantage de couverture médiatique, qui ont une seconde vie, en salles, en DVD, sur Internet. Ces films sont plus aisés à coproduire ou à pré-vendre et vendre internationalement. Les anglo-saxons s’en sont fait une spécialité. Nous avons trop peu de documentaristes français expérimentés en ce domaine, et trop peu de projets soutenus par les chaînes. Ce serait pourtant là une belle preuve d’indépendance et d’audace, qui mobiliserait des audiences plus jeunes et donnerait du sens à une programmation documentaire plus ouverte sur le monde globalisé.

L’argument discret qui prévalait hier ne devrait plus tenir : il était impensable d’enquêter à fond sur le rôle d’une grande compagnie pétrolière ou de l’agro-alimentaire ou du pharmaceutique qui pouvait être un puissant annonceur. Les lobbys se sont sérieusement armés pour faire face – et empêcher- que l’on aille voir de trop près dans leurs arrière-cuisines…

Aujourd’hui, les puissances de l’argent sont largement mises en cause : les documentaires d’investigation sont donc, plus que jamais, des programmes d’utilité publique qui répondent aux attentes des publics. Il était utile que nous fassions le point sur la situation du genre en France !

 

sofia

DOSSIER

Documentaire d’investigation chez Canal+ et Arte

France 2 et Les « Esclaves modernes"

6ème Rendez-Vous : Une première Bulgare riche en situations nouvelles

Einsatzgruppen de Michaël Prazan dans Infrarouge sur France 2

L’armée française numérise les archives allemandes

Yves Jeanneau

 

 

 

 

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DOSSIER


Le documentaire d’investigation toujours en pointe chez Arte et Canal

Malgré les inévitables changements de grilles de programmation qui ponctuent aujour’dhui la vie d'une chaîne de télévision, Arte et Canal+ demeurent des piliers du documentaire d'investigation. Aussi, nous avons sollicité leurs responsables pour faire le point sur ce genre éminemmentinternational.

 

 

 

 

Les documentaires d’investigation programmés par Arte ont le plus souvent une ambition internationale comme ici sur le problème des déchets nucléaires

Le temps où les grilles de programmes restaient immuables durant des années est révolu, y compris sur des chaînes ayant toujours fait la part belle à l'investigation. Avec la multiplication des vecteurs de diffusion et les grandes mutations technologiques en matière d’outils de production, les frontières bougent entre les genres, même si les fondamentaux demeurent, ainsi que des lignes éditoriales bien marquées, notamment chez Arte et Canal+.
Depuis quelques mois les producteurs français de documentaires d'investigation sont inquiets. En effet, les soirées Thema d’Arte, qui, traditionnellement, laissaient une large part au genre, ont été remplacées par les émissions de Patrick Poivre d’Arvor de Daniel Lecomte, cette dernière ayant été recentrée sur des thématiques de société et se composant désormais de deux reportages plus courts de 45’ chacun.
Comprenant le malaise créé chez les producteurs par ce changement de grille, Alex Szalat responsable de l'Unité Actualité, Société et Géopolitique d'Arte France, veut rassurer. Selon lui, le documentaire d'investigation reste au coeur de la ligne éditoriale d'Arte : « Ces changements dans les soirées n'empêche pas Arte d'avoir déjà acheté ou produit cette année quatorze documentaires d'investigation, qui seront tous diffusés
dans l'année 2009. C’est à peine moins qu'en 2008 où nous avions diffusés 17 soirées thématiques basées sur des documentaires d'investigation. Il faut voir en fait 2009 comme une année de transition. Nous n’avons effectivement pas initié de nouvelles enquêtes, mais nous en avons plusieurs en cours et d’autres en développement, qui attendent simplement d’être mises en production ».
En attendant, que les choses s'éclaircissent concernant des rendez-vous récurrents liés aux documentaires d'investigation, les responsables d'Arte tentent donc de trouver des créneaux de diffusion
à d'autres moments de la semaine, en première ou deuxième partie de soirée, selon les opportunités.
Ainsi, un documentaire sur l'Otan sera-t-il diffusé en prime time le 13 avril, et un autre sur les travailleurs du nucléaire le 12 mai, en seconde partie de soirée. D’autres suivront, sur Cuba à l'ère de l’après Castro, sur les «Marchands d’Anthrax», sur l'entreprise EADS, sur les villes construites à la verticale à Dubaï et ailleurs, ou encore sur la renaissance du continent sud-américain.
Au-delà de ces grandes enquêtes didactiques visant à faire le tour d'un sujet, des documentaires d'immersion, plus ethnologiques, comme «Les routes du désespoir » où l’on suit suit des travailleurs clandestins passant la frontière entre Mexique et Etats- Unis, ont également leur place sur Arte.


Des investigations ambitieuses et internationales


Chez Arte, l’investigation dans laquelle le journaliste se met en scène au fil de son enquête n’est toutefois pas le style premier recherché : « Pour une raison simple, explique Pierrette Ominetti Directrice de l’Unité de Programme Documentaires de la chaîne, nous sommes obligés du fait de notre vocation bilingue d’inventer des formes dans lesquelles les journalistes ne peuvent pas se mettre en scène sans que cela pose tout de suite des problèmes techniques liés à la traduction ». Le statut
binational d’Arte et l'ancienneté de ses accords de coproduction avec de nombreux partenaires nord- américains et asiatiques lui confèrent également une ouverture plus grande sur le monde : « Notre ligne éditoriale, ajoute Pierrette Ominetti, consiste néanmoins à placer l’homme au centre de l’enquête, même sur des sujets ne concernant pas directement la société française. C’est la meilleure manière d’intéresser notre public dans toute sa diversité. Nous soulevons une somme de questions qui, chemin faisant, éveillent les consciences. Nous essayons de rester à hauteur d’homme et d’échapper le plus possible aux hautes sphères économiques et politiques. C'est presque une notion de service public. De la même manière, la démarche qui nous habite consiste à soulever les problématiques actuelles sans rester dans les poncifs
et chercher à être politiquement correct. J’en veux pour preuve le film «Le cauchemar du nucléaire», produit par Bonne Pioche et réalisé par Eric Guéret, qui aborde sans ambages la question des déchets nucléaires ».
Certains documentaires diffusés par Arte n’ont d’ailleurs pas fini de faire parler d’eux. C’est le cas du film «Pour l’amour de l’eau», présenté l’an dernier au Sunny Side.

Ce film «à charge» contre les compagnies de traitement des eaux a connu une vie internationale importante et fait l’objet aujourd’hui d’une procédure judiciaire engagée par Suez Environnement à l’encontre d’Arte.

Les mouvements de fond de la société française


Ces derniers temps, Arte s'essaye aussi à sortir du style d’écriture «Grandes enquêtes». Dans le cadre de récentes soirées Thema futur, le présentateur se mettait en scène durant l'investigation. Un style qu'affectionne particulièrement l'autre grande chaîne française du documentaire d'investigation : Canal+.

 

« Pour chaque documentaire et prise de parole sur le monde, explique Christine Cauquelin, Directrice de l’Unité Documentaires de Canal+, je demande au journaliste une enquête fouillée au préalable. Nous ne sommes pas dans la captation du réel, ni le cinéma vérité qui prendrait le réel comme il vient. Pour le film «Un grand corps malade», nous avons fait plusieurs mois de recherche avant de nous lancer dans le tournage. Nous avons lu les cinq rapports sur l’Education nationale présentées aux Assemblées parlementaires, répertoriés les actions des Ministères depuis dix ans…».

A 20 h 30, la visée de Canal+ est claire : décrypter la société française «d’un point de vue très systémique ». Pas d’immersion dans l’école pour parler du problème de l’Education nationale. Mais la mise en perspective du point de vue des syndicats, des formateurs de maîtres, des cabinets ministériels, des experts... «Nous donnons à voir une vision macroscopique des choses : une sorte de photo globale. Nous faisons ce que les Anglais appellent du « comprehensive documentary » et je pense sincèrement que cela devrait être la base du documentaire : apporter une meilleure compréhension du monde. Dans ce registre, il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’avoir une objectivité parfaite, juste une honnêteté intellectuelle, que garantit un travail d’enquête solide en amont ».

Et, Christine Cauquelin de développer la profession de foi de sa case documentaire d’investigation du lundi soir: «En cette période trouble, le documentaire doit avoir encore plus ce rôle d’éclairement du monde complexe dans lequel nous vivons et dont nous avons l’impression qu’il nous échappe. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu’en période de crise le divertissement doit être la première réponse de la télévision. D’ailleurs, le documentaire d’investigation est réapparu en force après la Guerre du Golfe. Ma définition du documentaire d’investigation est le « factual programming », tout ce qui n’est pas de la fiction. Ca va de William Carrel à Envoyé spécial. Entre ces deux extrémités-là, on a une marge de manoeuvre très large qui est mon terrain de jeu ».
Pour autant, Christine Cauquelin tout comme les responsables d'unité de programmes chez Arte, ne se précipite pas sur le sujet dans l'ère du temps que représente le traitement de la crise économique actuelle. « J’ai déjà eu des propositions dans ce sens, mais je pense qu’on n’a pas suffisamment de recul sur la crise actuelle pour la traiter convenablement sous forme d’un documentaire de 90’ en prime time. On est encore dans le domaine du reportage qui décrit les faits et pas assez dans le documentaire qui peut mettre les choses en perspective. Je préfère traiter la crise de la société française avec un pas de côté, comme récemment à partir d’un article paru dans Libération et titré «Alerte dans nos assiettes», qui démontrait que les riches étaient plus maigres que les pauvres.


En cette période de crise, les documentaires d’investigation sont plus que jamais un moyen d’éveiller les consciences

Nous avions d'abord enquêté sur la «mal bouffe» industrielle surchargée en sucre et sel. Mais, au fur et à mesure que l’enquête avançait, nous avons constaté que cette mauvaise manière de se nourrir a fait explosé les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’hypertension… un vrai problème de santé publique que les lobbies tentent d’étouffer. Du coup, nous avons orienté différemment le documentaire vers le problème de santé publique et nous en sommes à six mois d’enquête sur ce sujet ».

Le web : un outil de buzz ou une nouvelle forme d'écriture ?

En matière de documentaire d’investigation, l’Internet demeure dans la plupart des cas un simple canal de diffusion supplémentaire et non un endroit où l’on créé des programmes spécifiques. La plupart du temps, l’usage du web se limite à la création d’un blog qui crée du buzz autour du film diffusé quelques mois plus tard. Sur Arte toutefois, Alex Szalat va plus loinà travers le projet « Gaza/Sderot » dont la diffusion sur le Net a commencé en octobre 2008 au tout début de l'invasion de la bande de Gaza par Israël. Les images du web ont ensuite été déclinées début février 2009 sous la forme d’un film 52’ baptisé les «Chroniques d’avant-guerre».
« Fort de cette première expérience réussie, explique Alex Szalat, nous avons un nouveau projet en développement d’une chronique quotidienne, entre Cuba et Miami, diffusée sur le web et qui sera reprise ensuite à l’antenne, également sous la forme d’un 52’. Ce genre de « web documentaire » est intéressant, car il permet de s’abstraire de la chronologie traditionnelle de conception d’un documentaire où se succèdent la préparation, l’écriture, le repérage, le tournage, le montage. Ici, tout se déroule quasiment en temps réel. Une fois qu’on a du matériel ramené de reportage, on essaie de lui trouver une autre dramaturgie plus immédiate. Pas de décryptage, ni même d’impressionnisme, juste des témoignages qui n’ont même pas besoin d’être contextualisés ».

 

 

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France 2 et les « Esclaves modernes »

 

 

 

 

En fin d’année, France 2 diffusera dans Infrarouge le documentaire Esclaves modernes, un film de 60’ produit par Chiloé Productions et tourné actuellement en Inde, au Brésil et en France par Teresa Pounzi et Sabah Rahmani. Le sujet : l’esclavage existe encore. Il est même en recrudescence.
161 pays sont directement concernés. « Le projet a pour ambition de dénoncer une aberration, un scandale de la mondialisation, qui n’apparaît plus dès lors comme un progrès mais une régression, explique Dana Hastier, responsable des programmes au sein de l’unité documentaires de France 2.

 

Pour rendre compte de la globalité de cette situation, les auteurs ont choisi de s’intéresser à trois secteurs d’activité sur trois continents différents : l’agriculture au Brésil, l’industrie en Inde et les services en France. »

Débuté il y un mois, le tournage d’Esclaves modernes s’annonce long et délicat, les réalisateurs devant, par exemple, pour la partie brésilienne du film entrer en contact avec des brigades spécialisées dans la délivrance d’esclaves. Oui, vous avez bien lu.

 

Infrarouge, placé le jeudi en deuxième partie de soirée, a su conquérir 15 à 20 % de parts d’audience. « Nous ressentons une vraie attente des téléspectateurs désireux de mieux comprendre
le monde dans lequel ils vivent, poursuit Dana Hastier. L’histoire contemporaine les passionne. Le documentaire est quelque chose dont on est fier à France Télévisions. »
La seule chaîne France 2 y consacre un budget annuel d’environ 15 millions
d’euros.

 

 

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ACTUALITES


6ème Rendez-Vous de Coproduction documentaire

Une première bulgare riche en situations nouvelles


Les documentaires des pays de l'Est sont en route vers le 7ème art ! Pour s'en convaincre, il suffit de voir le palmarès éloquent de chacun des films que produit la société bulgare Agit Prop, dont nous avons interviewé la productrice Martichka Bozhilova. Depuis "The Mosquito problem and other stories" d'Andrey Paounov sorti en 2007 et qui a remporté une multitude de Prix parmi lesquels La Semaine de la critique au festival international du film de Cannes ou le Grand Prix 2008 du Sunny Side of the doc.
En fait, un tel succès n’est pas le fruit du hasard. Depuis plus de quatre ans, les pays de l'Est se sont organisés pour dénicher de nouveaux documentaristes talentueux. Chaque année par exemple, une association The Institute of Documentary Film
http://www.sunnysideofthedoc.com/newsletter/img_nl2/cristina.jpg(IDF) basée à Pragues permet à de nombreux réalisateurs de montrer leur travail en cours d'élaboration selon le principe désormais rodé du speed dating ou pitch. Les documentaristes peuvent ainsi convaincre des producteurs de les suivre dans la suite de leur aventure. Et, des aventures singulières il y en a souvent au sein de Docu Talents. C'est même une véritable nouvelle vague qui se fait jour au sein de l’ancien bloc soviétique après la chape de plomb du collectivisme.

Comme le dit Hanka Rezkova d'IDF : « les films qui rencontrent un succès à l'heure actuelle ne sont pas le résultat d'une sorte de compromis des goûts européens. ils sont souvent des histoires fortes racontées avec un style cinématographique très affirmé ». Le Rendez-vous de Sofia organisé par le Sunny Side sera une autre occasion de se rendre compte de la qualité des documentaristes venus de l’Est... A noter, dans ce nouvel ordre des choses, les sessions sur la distribution organisées en partenariat avec le Festival de Sofia le dernier jour des Rendez-vous. Le mélange des genres documentaire/fiction a permis des rencontres avec des distributeurs de l’Est et de l’Ouest, travaillant principalement sur des niches. Tous devaient souligner l’intérêt croissant porté aux films documentaires, en particulier dans les festivals d’Europe de l’Est. Le Festival de Sofia nous aura également permis de rencontrer des fondations qui financent les films comme Duna Workshop (Hongrie) ou la Fondation Robert Bosch (Allemagne).

Pour le futur, il est évident que ce sont les relations directes entre producteurs qui permettront de développer les coproductions entre l’Est et l’Ouest, les chaînes de télévision de l’Est n’étant pas encore capables de faire des préachats ; les prix d’achat sont qui, plus est très bas. Mais les talents existent et les difficultés économiques génèrent paradoxalement une grande créativité. L’ouverture des chaînes Ouest-européennes aux documentaires venus de l’Est sera une condition de leur épanouissement et favorisera d’autant les nouvelles coproductions avec ces pays.

 

Quelques chiffres

175 participants de 22 pays européens (11 de l’Est / 11 de l’Ouest) ont échangé pendant 4 jours et de nombreux accords ont été passés.

32 décideurs étaient présents, dont BBC, Channel 4, History Channel UK, MDR, NDR, Pro Sieben, PBS Malte, YLE Finland, TV Roumanie, TV Pologne, TV Bulgare, Duna TV Hongrie, Arte,Arte GEIE,France 2, France 3 …

23 projets ont été pitchés, dont la qualité et l’originalité ont été unanimement reconnus. Dont : The Last Tightrope Dancer of Armenia–Bars Media / The Balkans: History & its Lessons – Mat Films / The lost Tape of Adrian Tudor – Carter Films / The Town of Badante Women– Argofilm / Nicky’s Family – Trigon Production / Cinema Komunisto – Dribbling Pictures / A Woman’s Womb – Temps Noir / Concrete Stories – Axman Production / A.C. Stephen Confidential– Agitprop / Propaganda Kompanien – ECPAD…
Sofia a permis de faire émerger des projets documentaires de grande qualité grâce aux financements internationaux.

 

Erratum
Suite à la publication dans notre newsletter numéro 2 de l’article « La nouvelle vague bulgare à Sofia », Patrick Sandrin, producteur, nous prie de préciser que la fondation qu’il a créé se nomme Culture et Développement et que la « Classe Libre » n’est pas une fondation mais un programme de « Colloques thématiques sur le cinéma ».

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Le FIGRA s’est déroulé du 25 au 29 mars, au Touquet - France. Pour connaître le palmarès :

http://www.figra.fr/palmares.html

Visions du réel - Festival international du Film documentaire de Nyon. A Nyon en Suisse du 23 - 29 avril 2009 : http://www.visionsdureel.ch/

Hotdocs - Canadian International Documentary Festival. A Toronto au Canada du 30 avril au 10 mai 2009 : http://www.hotdocs.ca/

The Toronto Documentary Forum. Pour en savoir plus :

http://www.hotdocs.ca/index.php/industry/tdf/submissions/

Fondation Jean-Luc Lagardère , appel à candidatures pour les Bourses 2009

Vous êtes un jeune auteur de 30 ans au plus, ayant déjà réalisé un documentaire diffusé à la télévision, dans des festivals ou au cinéma, vous avez un projet de documentaire quel que soit le format (série de 26 mn, unitaire de 52 ou de 90 mn), votre projet est un documentaireà caractère social, économique, politique, scientifique ou culturel, postulez à la Bourse Auteur de documentaire. Les dossiers de candidatures doivent être retournés à la Fondation Jean-Luc Lagardère avant le 12 juin. Pour en savoir plus : www.fondation-jeanluclagardere.com

Du 23 au 26 juin 2009 Sunny Side fête ses 20 ans !

INSCRIVEZ-VOUS :
http://www.sunnysideofthedoc.com/


BIPS - BEST INTERNATIONAL PROJECTS SHOWCASE

Des sessions de pitch thématiques quotidiennes dans l'Agora. Les principaux décideurs, spécialisés dans chaque thématique, seront invités à participer à ces présentations. 6 projets seront retenus pour chacune des thématiques (HISTOIRE, SCIENCE, ENVIRONNEMENT, SOCIETE/POLITIQUE, ARTS/CULTURE, CINEMA). LES MEILLEURS BIPS SERONT PRIMES !

 

 

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ENTRETIEN

Einsatzgruppen de Michaël Prazan dans Infrarouge sur France 2

 

 

Le documentaire de Michaël Prazan sur les commandos qui exterminèrent par fusillade près d’un million et demi de Juifs des pays de l’Est entre 1941 et 1945 a fortement impressionné le public de Sofia. Einsatzgruppen est un témoignage rare qui apporte de nouveaux éléments aux historiens. Entretien avec son auteur.

Que sont les Einsatzgruppen ?

Ce sont des commandos mobiles de tuerie qui pratiquent l’extermination sur le terrain. Au total, 3 000 hommes, répartis sur quatre zones géographiques. Mon film retrace leur itinéraire sur cinq ans. Précisons que sur ces 3 000 hommes, 200 seulement sont passés en jugement et qu’une poignée a été exécutée.

Les Einsatzgruppen ont fait un million et demi de victimes : comment expliquer que ce volet de
l’Histoire soit si méconnu ?

Les historiens ont essentiellement consacré leurs
travaux à l’extermination des Juifs occidentaux
dans les camps de la mort. De nombreux films ont été tournés à l’Est mais sur des questions locales. Ce génocide n’avait jamais été traité dans sa globalité, pour une raison très simple : jusqu’à la chute du Mur, les archives étaient inaccessibles.

 

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Un film choc sur un pan méconnu de
l’extermination des Juifs par les Nazis

 

Comment avez-vous organisé votre travail ?

Il y a d’abord eu un gros travail de rédaction : c’est un projet de plus de 60 pages que j’ai envoyé à France 2. Puis je me suis mis à éplucher les archives, en commençant par celles de Washington, qui centralisent tous les documents connus. Cette première recherche m’a donné des pistes que j’ai ensuite défrichées avec une documentariste lettone, Kristine Sniedze, parlant russe et ukrainien et connaissant parfaitement le terrain. Il n’a pas été trop difficile de retrouver les survivants des massacres, qui avaient pour la plupart écrit ou été cités dans des ouvrages. Pour retrouver témoins et bourreaux, nous avons dû en revanche nous attacher les services de fixeurs. Le tournage a été relativement court mais extrêmement intense. En tout, j’aurai travaillé deux ans. J’ai fait du mieux que j’ai pu. Un grand mercià France 2 qui m’a donné le temps de dire les choses en 2 x 90’ alors que le film devait à l’origine être un unitaire. Mais en rentrant d’Ukraine, il m’est apparu qu’il serait impossible de tout traiter en une heure et demie. Je ne voulais pas courir, parler trop vite par manque de temps. De ces deux années, je ressors en tous cas lessivé, marqué à vie.

Vous avez trouvé des images dont vous n’auriez même pas imaginé l’existence…

Sur le massacre de Babi Yar notamment. Un petit bout de film particulièrement saisissant. Nous avons également été surpris de retrouver autant de documents en couleurs, en Allemagne, en Autriche… Les historiens eux-mêmes ignoraient que certains existaient. Je suis heureux si je suis parvenu à leur apporter de nouveaux éléments. Je souhaite bien évidemment que le film contribueà révéler des faits. Les témoignages des nazis m’apparaissent à cet égard fondamentaux.

Pour les recueillir, vous vous êtes procuré une liste de noms ayant été inquiétés dans les années 60, vous les avez appelés un par un en vous faisant passer pour le petit-fils d’un soldat des Einsatzgruppen et vous avez tourné en caméra cachée. Sur un tel sujet, la déontologie peut-elle s’accomoder du mensonge ?

La question est absolument légitime. France 2 m’a suivi là-dessus. Maintenant, s’il doit y avoir un procès confrontant le crime contre l’humanité et le droit à l’image, je trouverai cela très intéressant.

 

 

 

 

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http://www.sunnysideofthedoc.com/newsletter/img_nl2/cristina.jpghttp://www.sunnysideofthedoc.com/newsletter/img_nl2/cristina.jpgDECOUVERTE

L’armée française numérise les archives allemandes

Le documentaire de Michaël Prazan sur les commandos qui exterminèrent par fusillade près d’un million et demi de Juifs des pays de l’Est entre 1941 et 1945 a fortement impressionné le public de Sofia. Einsatzgruppen est un témoignage rare qui apporte de nouveaux éléments aux historiens. Entretien avec son auteur.

Paris en juin 1940 et Tripoli en février 1941

deux témoignages rares du fonds allemand

des archives de l’ECPAD

 

 

 

En avril 1945, les Alliés se partagent un fonds d’images constitué par les compagnies de propagande du ministre Goebbels. Une prise de guerre inestimable. « Les Propaganda Kompanien suivaient l’armée allemande partout, explique Violaine Challéat-Fonck, conservateur, chef du pôle archives de l’ECPAD. Elles étaient composées de grands professionnels équipés du meilleur matériel (Leica pour les photographes, Arriflex pour les cameramen), d’où un fonds d’images de très grande qualité.» La part revenue à la France se compose de 350 000 photographies et d’un bon millier de films. Témoignant de l’Occupation mais également de la campagne polonaise de 1939, du siège de la Wehrmacht en Italie, des combats du front de l’Est ou

 

encore de la construction du Mur de l’Atlantique. Dans le cadre d’un plan triennal de sauvegarde de ses fonds, qui vient d’être reconduit, l’ECPAD a déjà numérisé 15 000 de ces clichés et plusieurs centaines de ces films. Ceux-ci sont d’ores et déjà consultables, librement et gratuitement, au Fort d’Ivry-sur-Seine.
« Parce que ce travail a pour objectif de mettre nos fonds à disposition du public, nous n’avons pas voulu procéder de manière chronologique, de façon à pouvoir satisfaire rapidement la curiosité de chacun, poursuit Violaine Challéat. Les 500 000 photographies et 9 000 films traités à ce jour concernent aussi bien les deux guerres mondiales que la décolonisation ou les opérations menées par l’armée française au cours des années 80 ».

 

Les fonds de l’ECPA couvrent la période de 1915, année de création des Sections photographiques et cinématographiques des Armées (SPCA),à aujourd’hui. Créé en 2001 sous la forme d’un établissement public, l’ECPA compte dans ses rangs une douzaine de reporters qui peuventà tout instant être appelés par l’Etat-major à aller « couvrir» les opérations menées par l’Armée française, qu’elles soient d’ordre militaire ou humanitaire.
Les autres sources d’enrichissement de l’ECPAD sont les versements de la part d’organismes dépendant du Ministère de la Défense, services d’informations et de relations publiques des armées (SIRPA) notamment, et les dons privés.

 

 

 

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