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DOSSIER
Le documentaire d’investigation toujours en pointe chez Arte et Canal
Malgré les
inévitables changements de grilles de programmation qui ponctuent
aujour’dhui la vie d'une chaîne de télévision, Arte et Canal+ demeurent des
piliers du documentaire d'investigation. Aussi, nous avons sollicité leurs
responsables pour faire le point sur ce genre éminemmentinternational.
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Les documentaires d’investigation programmés par Arte
ont le plus souvent une ambition internationale comme ici sur le problème
des déchets nucléaires
Le temps où les grilles de programmes restaient immuables
durant des années est révolu, y compris sur des chaînes ayant toujours
fait la part belle à l'investigation. Avec la multiplication des vecteurs
de diffusion et les grandes mutations technologiques en matière d’outils
de production, les frontières bougent entre les genres, même si les
fondamentaux demeurent, ainsi que des lignes éditoriales bien marquées,
notamment chez Arte et Canal+.
Depuis quelques mois les producteurs français de documentaires
d'investigation sont inquiets. En effet, les soirées Thema d’Arte, qui,
traditionnellement, laissaient une large part au genre, ont été
remplacées par les émissions de Patrick Poivre d’Arvor de Daniel Lecomte,
cette dernière ayant été recentrée sur des thématiques de société et se
composant désormais de deux reportages plus courts de 45’ chacun.
Comprenant le malaise créé chez les producteurs par ce changement de
grille, Alex Szalat responsable de l'Unité Actualité, Société et
Géopolitique d'Arte France, veut rassurer. Selon lui, le documentaire
d'investigation reste au coeur de la ligne éditoriale d'Arte : « Ces
changements dans les soirées n'empêche pas Arte d'avoir déjà acheté ou
produit cette année quatorze documentaires d'investigation, qui seront
tous diffusés
dans l'année 2009. C’est à peine moins qu'en 2008 où nous avions diffusés
17 soirées thématiques basées sur des documentaires d'investigation. Il
faut voir en fait 2009 comme une année de transition. Nous n’avons
effectivement pas initié de nouvelles enquêtes, mais nous en avons
plusieurs en cours et d’autres en développement, qui attendent simplement
d’être mises en production ». En attendant, que les choses
s'éclaircissent concernant des rendez-vous récurrents liés aux
documentaires d'investigation, les responsables d'Arte tentent donc de
trouver des créneaux de diffusion
à d'autres moments de la semaine, en première ou deuxième partie de
soirée, selon les opportunités.
Ainsi, un documentaire sur l'Otan sera-t-il diffusé en prime time le 13
avril, et un autre sur les travailleurs du nucléaire le 12 mai, en
seconde partie de soirée. D’autres suivront, sur Cuba à l'ère de l’après
Castro, sur les «Marchands d’Anthrax», sur l'entreprise EADS, sur les
villes construites à la verticale à Dubaï et ailleurs, ou encore sur la
renaissance du continent sud-américain.
Au-delà de ces grandes enquêtes didactiques visant à faire le tour d'un
sujet, des documentaires d'immersion, plus ethnologiques, comme «Les
routes du désespoir » où l’on suit suit des travailleurs clandestins
passant la frontière entre Mexique et Etats- Unis, ont également leur
place sur Arte.
Des investigations ambitieuses et internationales
Chez Arte, l’investigation dans laquelle le journaliste se met en scène
au fil de son enquête n’est toutefois pas le style premier recherché :
« Pour une raison simple, explique Pierrette Ominetti Directrice de
l’Unité de Programme Documentaires de la chaîne, nous sommes obligés du
fait de notre vocation bilingue d’inventer des formes dans lesquelles les
journalistes ne peuvent pas se mettre en scène sans que cela pose tout de
suite des problèmes techniques liés à la traduction ». Le statut
binational d’Arte et l'ancienneté de ses accords de coproduction avec de
nombreux partenaires nord- américains et asiatiques lui confèrent
également une ouverture plus grande sur le monde : « Notre ligne
éditoriale, ajoute Pierrette Ominetti, consiste néanmoins à placer
l’homme au centre de l’enquête, même sur des sujets ne concernant pas
directement la société française. C’est la meilleure manière d’intéresser
notre public dans toute sa diversité. Nous soulevons une somme de
questions qui, chemin faisant, éveillent les consciences. Nous essayons
de rester à hauteur d’homme et d’échapper le plus possible aux hautes
sphères économiques et politiques. C'est presque une notion de service
public. De la même manière, la démarche qui nous habite consiste à
soulever les problématiques actuelles sans rester dans les poncifs
et chercher à être politiquement correct. J’en veux pour preuve le film
«Le cauchemar du nucléaire», produit par Bonne Pioche et réalisé par Eric
Guéret, qui aborde sans ambages la question des déchets nucléaires ». Certains
documentaires diffusés par Arte n’ont d’ailleurs pas fini de faire parler
d’eux. C’est le cas du film «Pour l’amour de l’eau», présenté l’an dernier
au Sunny Side.
Ce film «à charge» contre les compagnies de traitement des
eaux a connu une vie internationale importante et fait l’objet
aujourd’hui d’une procédure judiciaire engagée par Suez Environnement à
l’encontre d’Arte.
Les mouvements de fond de la société française
Ces derniers temps, Arte s'essaye aussi à sortir du style d’écriture
«Grandes enquêtes». Dans le cadre de récentes soirées Thema futur, le
présentateur se mettait en scène durant l'investigation. Un style
qu'affectionne particulièrement l'autre grande chaîne française du
documentaire d'investigation : Canal+.
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« Pour chaque documentaire et prise de parole sur le
monde, explique Christine Cauquelin, Directrice de l’Unité Documentaires
de Canal+, je demande au journaliste une enquête fouillée au préalable.
Nous ne sommes pas dans la captation du réel, ni le cinéma vérité qui
prendrait le réel comme il vient. Pour le film «Un grand corps
malade», nous avons fait plusieurs mois de recherche avant de nous lancer
dans le tournage. Nous avons lu les cinq rapports sur l’Education
nationale présentées aux Assemblées parlementaires, répertoriés les
actions des Ministères depuis dix ans…».
A 20 h 30, la visée de Canal+ est claire : décrypter la
société française «d’un point de vue très systémique ». Pas
d’immersion dans l’école pour parler du problème de l’Education
nationale. Mais la mise en perspective du point de vue des syndicats, des
formateurs de maîtres, des cabinets ministériels, des experts... «Nous
donnons à voir une vision macroscopique des choses : une sorte de photo
globale. Nous faisons ce que les Anglais appellent du « comprehensive
documentary » et je pense sincèrement que cela devrait être la base du
documentaire : apporter une meilleure compréhension du monde. Dans ce
registre, il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’avoir une objectivité
parfaite, juste une honnêteté intellectuelle, que garantit un travail
d’enquête solide en amont ».
Et, Christine Cauquelin de développer la profession de foi
de sa case documentaire d’investigation du lundi soir: «En cette
période trouble, le documentaire doit avoir encore plus ce rôle
d’éclairement du monde complexe dans lequel nous vivons et dont nous avons
l’impression qu’il nous échappe. Je ne fais pas partie de ceux qui
pensent qu’en période de crise le divertissement doit être la première
réponse de la télévision. D’ailleurs, le documentaire d’investigation est
réapparu en force après la Guerre du Golfe. Ma définition du documentaire
d’investigation est le « factual programming », tout ce qui n’est pas
de la fiction. Ca va de William Carrel à Envoyé spécial. Entre ces deux
extrémités-là, on a une marge de manoeuvre très large qui est mon terrain
de jeu ».
Pour autant, Christine Cauquelin tout comme les responsables d'unité de
programmes chez Arte, ne se précipite pas sur le sujet dans l'ère du
temps que représente le traitement de la crise économique actuelle. «
J’ai déjà eu des propositions dans ce sens, mais je pense qu’on n’a pas
suffisamment de recul sur la crise actuelle pour la traiter
convenablement sous forme d’un documentaire de 90’ en prime time. On est
encore dans le domaine du reportage qui décrit les faits et pas assez
dans le documentaire qui peut mettre les choses en perspective. Je
préfère traiter la crise de la société française avec un pas de côté,
comme récemment à partir d’un article paru dans Libération et titré
«Alerte dans nos assiettes», qui démontrait que les riches étaient
plus maigres que les pauvres.
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En cette période de crise, les
documentaires d’investigation sont plus que jamais un moyen d’éveiller
les consciences
Nous avions d'abord enquêté sur la «mal bouffe»
industrielle surchargée en sucre et sel. Mais, au fur et à mesure que
l’enquête avançait, nous avons constaté que cette mauvaise manière de se
nourrir a fait explosé les maladies cardiovasculaires, le diabète de type
2, l’hypertension… un vrai problème de santé publique que les lobbies
tentent d’étouffer. Du coup, nous avons orienté différemment le
documentaire vers le problème de santé publique et nous en sommes à six
mois d’enquête sur ce sujet ».
Le web : un outil de
buzz ou une nouvelle forme d'écriture ?
En matière de documentaire d’investigation, l’Internet
demeure dans la plupart des cas un simple canal de diffusion
supplémentaire et non un endroit où l’on créé des programmes spécifiques.
La plupart du temps, l’usage du web se limite à la création d’un blog qui
crée du buzz autour du film diffusé quelques mois plus tard. Sur Arte
toutefois, Alex Szalat va plus loinà travers le projet « Gaza/Sderot »
dont la diffusion sur le Net a commencé en octobre 2008 au tout début de
l'invasion de la bande de Gaza par Israël. Les images du web ont ensuite
été déclinées début février 2009 sous la forme d’un film 52’ baptisé les
«Chroniques d’avant-guerre».
« Fort de cette première expérience réussie, explique Alex Szalat,
nous avons un nouveau projet en développement d’une chronique
quotidienne, entre Cuba et Miami, diffusée sur le web et qui sera reprise
ensuite à l’antenne, également sous la forme d’un 52’. Ce genre de « web
documentaire » est intéressant, car il permet de s’abstraire de la
chronologie traditionnelle de conception d’un documentaire où se
succèdent la préparation, l’écriture, le repérage, le tournage, le
montage. Ici, tout se déroule quasiment en temps réel. Une fois qu’on a
du matériel ramené de reportage, on essaie de lui trouver une autre
dramaturgie plus immédiate. Pas de décryptage, ni même d’impressionnisme,
juste des témoignages qui n’ont même pas besoin d’être contextualisés ».
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France 2 et les « Esclaves modernes »
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En
fin d’année, France 2 diffusera dans Infrarouge le documentaire
Esclaves modernes, un film de 60’ produit par Chiloé Productions et
tourné actuellement en Inde, au Brésil et en France par Teresa Pounzi
et Sabah Rahmani. Le sujet : l’esclavage existe encore. Il est même en
recrudescence.
161
pays sont directement concernés. « Le projet a pour ambition
de dénoncer une aberration, un scandale de la mondialisation, qui
n’apparaît plus dès lors comme un progrès mais une régression, explique
Dana Hastier, responsable des programmes au sein de l’unité
documentaires de France 2.
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Pour
rendre compte de la globalité de cette situation, les auteurs ont
choisi de s’intéresser à trois secteurs d’activité sur trois continents
différents : l’agriculture au Brésil, l’industrie en Inde et les
services en France. »
Débuté il y un mois, le tournage d’Esclaves modernes
s’annonce long et délicat, les réalisateurs devant, par exemple, pour
la partie brésilienne du film entrer en contact avec des brigades
spécialisées dans la délivrance d’esclaves. Oui, vous avez bien lu.
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Infrarouge,
placé le jeudi en deuxième partie de soirée, a su conquérir 15 à 20 %
de parts d’audience. « Nous ressentons une vraie attente des
téléspectateurs désireux de mieux comprendre
le
monde dans lequel ils vivent, poursuit Dana Hastier. L’histoire
contemporaine les passionne. Le documentaire est quelque chose dont on
est fier à France Télévisions. » La seule chaîne France 2 y consacre un budget annuel
d’environ 15 millions
d’euros.
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ACTUALITES
6ème Rendez-Vous de
Coproduction documentaire
Une première bulgare riche en situations
nouvelles
Les
documentaires des pays de l'Est sont en route vers le 7ème art ! Pour s'en
convaincre, il suffit de voir le palmarès éloquent de chacun des films que
produit la société bulgare Agit Prop, dont nous avons interviewé la
productrice Martichka Bozhilova. Depuis "The Mosquito problem and
other stories" d'Andrey Paounov sorti en 2007 et qui a remporté une
multitude de Prix parmi lesquels La Semaine de la critique au festival
international du film de Cannes ou le Grand Prix 2008 du Sunny Side of the
doc.
En
fait, un tel succès n’est pas le fruit du hasard. Depuis plus de quatre
ans, les pays de l'Est se sont organisés pour dénicher de nouveaux
documentaristes talentueux. Chaque année par exemple, une association The
Institute of Documentary Film (IDF) basée à
Pragues permet à de nombreux réalisateurs de montrer leur travail en cours
d'élaboration selon le principe désormais rodé du speed dating ou pitch.
Les documentaristes peuvent ainsi convaincre des producteurs de les suivre
dans la suite de leur aventure. Et, des aventures singulières il y en a
souvent au sein de Docu Talents. C'est même une véritable nouvelle vague
qui se fait jour au sein de l’ancien bloc soviétique après la chape de
plomb du collectivisme.
Comme le dit Hanka Rezkova d'IDF
: «
les films qui rencontrent un succès à l'heure actuelle ne sont pas le
résultat d'une sorte de compromis des goûts européens. ils sont souvent des
histoires fortes racontées avec un style cinématographique très affirmé ».
Le Rendez-vous de Sofia organisé par le Sunny Side sera une autre occasion
de se rendre compte de la qualité des documentaristes venus de l’Est... A
noter, dans ce nouvel ordre des choses, les sessions sur la distribution
organisées en partenariat avec le Festival de Sofia le dernier jour des
Rendez-vous. Le mélange des genres documentaire/fiction a permis des
rencontres avec des distributeurs de l’Est et de l’Ouest, travaillant
principalement sur des niches. Tous devaient souligner l’intérêt croissant
porté aux films documentaires, en particulier dans les festivals d’Europe
de l’Est. Le Festival de Sofia nous aura également permis de rencontrer des
fondations qui financent les films comme Duna Workshop (Hongrie) ou la
Fondation Robert Bosch (Allemagne).
Pour le futur, il est évident que
ce sont les relations directes entre producteurs qui permettront de
développer les coproductions entre l’Est et l’Ouest, les chaînes de
télévision de l’Est n’étant pas encore capables de faire des préachats ;
les prix d’achat sont qui, plus est très bas. Mais les talents existent et
les difficultés économiques génèrent paradoxalement une grande créativité.
L’ouverture des chaînes Ouest-européennes aux documentaires venus de l’Est
sera une condition de leur épanouissement et favorisera d’autant les
nouvelles coproductions avec ces pays.
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Quelques chiffres
175 participants de 22 pays européens (11 de l’Est
/ 11 de l’Ouest) ont échangé pendant 4 jours et de nombreux accords ont été
passés.
32 décideurs étaient présents, dont BBC, Channel 4,
History Channel UK, MDR, NDR, Pro Sieben, PBS Malte, YLE Finland, TV
Roumanie, TV Pologne, TV Bulgare, Duna TV Hongrie, Arte,Arte GEIE,France 2,
France 3 …
23 projets ont été pitchés, dont la qualité et
l’originalité ont été unanimement reconnus. Dont : The Last Tightrope Dancer of Armenia–Bars Media / The
Balkans: History & its Lessons – Mat Films / The lost Tape of Adrian
Tudor – Carter Films / The Town of Badante Women– Argofilm / Nicky’s Family
– Trigon Production / Cinema Komunisto – Dribbling Pictures / A Woman’s
Womb – Temps Noir / Concrete Stories – Axman Production / A.C. Stephen
Confidential– Agitprop / Propaganda Kompanien – ECPAD…
Sofia
a permis de faire émerger des projets documentaires de grande qualité grâce
aux financements internationaux.
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Erratum
Suite à
la publication dans notre newsletter numéro 2 de l’article « La nouvelle
vague bulgare à Sofia », Patrick Sandrin, producteur, nous prie de préciser
que la fondation qu’il a créé se nomme Culture et Développement et que la «
Classe Libre » n’est pas une fondation mais un programme de « Colloques
thématiques sur le cinéma ».
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Le
FIGRA s’est déroulé du 25 au 29 mars, au Touquet - France. Pour connaître
le palmarès :
http://www.figra.fr/palmares.html
Visions
du réel - Festival international du Film documentaire de Nyon. A
Nyon en Suisse du 23 - 29 avril 2009 : http://www.visionsdureel.ch/
Hotdocs
- Canadian International Documentary Festival. A Toronto au Canada du 30 avril au 10 mai 2009 : http://www.hotdocs.ca/
The Toronto
Documentary Forum. Pour en savoir plus :
http://www.hotdocs.ca/index.php/industry/tdf/submissions/
Fondation Jean-Luc Lagardère ,
appel à candidatures pour les Bourses 2009
Vous êtes un jeune auteur de 30 ans au plus, ayant déjà
réalisé un documentaire diffusé à la télévision, dans des festivals ou au
cinéma, vous avez un projet de documentaire quel que soit le format (série
de 26 mn, unitaire de 52 ou de 90 mn), votre projet est un documentaireà
caractère social, économique, politique, scientifique ou culturel, postulez
à la Bourse Auteur de documentaire. Les dossiers de candidatures doivent
être retournés à la Fondation Jean-Luc Lagardère avant le 12 juin. Pour en
savoir plus : www.fondation-jeanluclagardere.com
Du 23 au 26 juin 2009 Sunny Side fête ses 20 ans !
INSCRIVEZ-VOUS :
http://www.sunnysideofthedoc.com/
BIPS - BEST INTERNATIONAL
PROJECTS SHOWCASE
Des sessions de pitch thématiques
quotidiennes dans l'Agora. Les principaux décideurs, spécialisés dans
chaque thématique, seront invités à participer à ces présentations. 6
projets seront retenus pour chacune des thématiques (HISTOIRE, SCIENCE,
ENVIRONNEMENT, SOCIETE/POLITIQUE, ARTS/CULTURE, CINEMA). LES MEILLEURS BIPS
SERONT PRIMES !
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ENTRETIEN
Einsatzgruppen de
Michaël Prazan dans Infrarouge sur France 2
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Le documentaire de Michaël Prazan sur les commandos qui
exterminèrent par fusillade près d’un million et demi de Juifs des pays de
l’Est entre 1941 et 1945 a fortement impressionné le public de Sofia.
Einsatzgruppen est un témoignage rare qui apporte de nouveaux éléments aux
historiens. Entretien avec son auteur.
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Que sont les Einsatzgruppen ?
Ce sont des commandos mobiles de tuerie qui
pratiquent l’extermination sur le terrain. Au total, 3 000 hommes, répartis
sur quatre zones géographiques. Mon film retrace leur itinéraire sur
cinq ans. Précisons que sur ces 3 000 hommes, 200 seulement sont passés
en jugement et qu’une poignée a été exécutée.
Les Einsatzgruppen ont fait un million et demi de victimes :
comment expliquer que ce volet de
l’Histoire soit si méconnu ?
Les historiens ont essentiellement consacré
leurs
travaux à l’extermination des Juifs occidentaux
dans les camps de la mort. De nombreux films ont été tournés à l’Est
mais sur des questions locales. Ce génocide n’avait jamais été traité
dans sa globalité, pour une raison très simple : jusqu’à la chute du
Mur, les archives étaient inaccessibles.
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Un film choc sur un pan
méconnu de
l’extermination
des Juifs par les Nazis
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Comment avez-vous organisé
votre travail ?
Il y a d’abord eu un gros travail de rédaction : c’est un projet
de plus de 60 pages que j’ai envoyé à France 2. Puis je me suis mis à
éplucher les archives, en commençant par celles de Washington, qui
centralisent tous les documents connus. Cette première recherche m’a
donné des pistes que j’ai ensuite défrichées avec une documentariste
lettone, Kristine Sniedze, parlant russe et ukrainien et connaissant
parfaitement le terrain. Il n’a pas été trop difficile de retrouver les
survivants des massacres, qui avaient pour la plupart écrit ou été cités
dans des ouvrages. Pour retrouver témoins et bourreaux, nous avons dû en
revanche nous attacher les services de fixeurs. Le tournage a été
relativement court mais extrêmement intense. En tout, j’aurai travaillé
deux ans. J’ai fait du mieux que j’ai pu. Un grand mercià France 2 qui
m’a donné le temps de dire les choses en 2 x 90’ alors que le film devait
à l’origine être un unitaire. Mais en rentrant d’Ukraine, il m’est apparu
qu’il serait impossible de tout traiter en une heure et demie. Je ne
voulais pas courir, parler trop vite par manque de temps. De ces deux
années, je ressors en tous cas lessivé, marqué à vie.
Vous avez trouvé des images dont vous n’auriez même pas
imaginé l’existence…
Sur le massacre de Babi Yar notamment. Un petit bout de
film particulièrement saisissant. Nous avons également été surpris de
retrouver autant de documents en couleurs, en Allemagne, en Autriche… Les
historiens eux-mêmes ignoraient que certains existaient. Je suis heureux
si je suis parvenu à leur apporter de nouveaux éléments. Je souhaite bien
évidemment que le film contribueà révéler des faits. Les témoignages des
nazis m’apparaissent à cet égard fondamentaux.
Pour les recueillir, vous vous êtes procuré une liste de
noms ayant été inquiétés dans les années 60, vous les avez appelés un par
un en vous faisant passer pour le petit-fils d’un soldat des
Einsatzgruppen et vous avez tourné en caméra cachée. Sur un tel sujet, la
déontologie peut-elle s’accomoder du mensonge ?
La question est absolument légitime. France 2 m’a suivi
là-dessus. Maintenant, s’il doit y avoir un procès confrontant le crime
contre l’humanité et le droit à l’image, je trouverai cela très
intéressant.
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_fichiers/image007.jpg) DECOUVERTE
L’armée française
numérise les archives allemandes
Le documentaire de Michaël Prazan sur les commandos qui
exterminèrent par fusillade près d’un million et demi de Juifs des pays de
l’Est entre 1941 et 1945 a fortement impressionné le public de Sofia. Einsatzgruppen est un témoignage
rare qui apporte de nouveaux éléments aux historiens. Entretien avec son
auteur.
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Paris en juin
1940 et Tripoli en février 1941
deux témoignages
rares du fonds allemand
des archives de l’ECPAD
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En
avril 1945, les Alliés se partagent un fonds d’images constitué par les
compagnies de propagande du ministre Goebbels. Une prise de guerre
inestimable. « Les Propaganda
Kompanien suivaient l’armée allemande partout, explique Violaine
Challéat-Fonck, conservateur, chef du pôle archives de l’ECPAD. Elles étaient composées de grands
professionnels équipés du meilleur matériel (Leica pour les
photographes, Arriflex pour les cameramen), d’où un fonds d’images de
très grande qualité.» La part revenue à la France se compose de 350 000
photographies et d’un bon millier de films. Témoignant de l’Occupation
mais également de la campagne polonaise de 1939, du siège de la
Wehrmacht en Italie, des combats du front de l’Est ou
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encore de la
construction du Mur de l’Atlantique. Dans le cadre d’un plan triennal
de sauvegarde de ses fonds, qui vient d’être reconduit, l’ECPAD a déjà
numérisé 15 000 de ces clichés et plusieurs centaines de ces films.
Ceux-ci sont d’ores et déjà consultables, librement et gratuitement, au
Fort d’Ivry-sur-Seine.
« Parce que ce
travail a pour objectif de mettre nos fonds à disposition du public,
nous n’avons pas voulu procéder de manière chronologique, de façon à
pouvoir satisfaire rapidement la curiosité de chacun, poursuit Violaine
Challéat. Les 500 000 photographies et 9 000 films traités à ce jour
concernent aussi bien les deux guerres mondiales que la décolonisation
ou les opérations menées par l’armée française au cours des années
80 ».
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Les fonds de l’ECPA couvrent la
période de 1915, année de création des Sections photographiques et
cinématographiques des Armées (SPCA),à aujourd’hui. Créé en 2001 sous
la forme d’un établissement public, l’ECPA compte dans ses rangs une
douzaine de reporters qui peuventà tout instant être appelés par
l’Etat-major à aller « couvrir» les opérations menées par l’Armée
française, qu’elles soient d’ordre militaire ou humanitaire.
Les autres sources d’enrichissement de l’ECPAD sont les versements de
la part d’organismes dépendant du Ministère de la Défense, services
d’informations et de relations publiques des armées (SIRPA) notamment,
et les dons privés.
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