|
 |
La 6ème édition des Rendez-vous de Sofia est un séminaire de coproduction internationale ouvert à tous les professionnels français, anglais, allemands, autrichiens, ainsi qu’aux professionnels des pays de l’Est, Pays Baltes et Balkans compris, et à tous les décideurs scandinaves.
Les producteurs présents y sont sélectionnés sur présentation d’un projet. Ce projet doit correspondre à l’une des cinq cases thématiques du Sunny Side of the Doc : Histoire, Science, Environnement, Politique et Société, Art et Culture. Les projets doivent être « labellisés » par au moins un diffuseur et/ou organisme de financement et/ou distributeur. Ils doivent aussi être en phase de développement et potentiellement intéressants pour les professionnels présents à Sofia lors de ces «Side by Side».
Les sessions de pitch seront thématiques – seuls seront présents dans les salles les professionnelsspécialisés dans la thématique proposée. Chaque pitch bénéficiera de 14 minutes - 7 minutes de pitch, 7 minutes de questions-réponses.
|
Lors de ces «Side by Side», outre aux sessions de pitch, les participants pourront s’inscrire à des rendez-vous privés avec les Acheteurs, Commissioning Editors et Décideurs.
Bien entendu, comme lors de nos précédents Rendez-vous, un grand nombre de pauses café, déjeuners, soirées vous permettront de faire librement vos rencontres et rendez-vous.
Inscrivez vos projets avant le 10 février 2009.
Renseignements: http://www.sunnysideofthedoc.com
NOUVELLES
DocPoint - Helsinki Documentary Film Festival
20 - 25 janvier 2009, Helsinki, Finlande : www.docpoint.info
History Makers / 29-31 janvier 2009, New-York, Etats-Unis : historymakers2009.com
Realscreen summit / 1-4 février 2009, Washington DC, Etats-Unis - Feb 1-4, 2009 : realscreensummit.com
PARTENAIRE
REELISOR documentary networking - Reelisor is the new cooperation platform for the entire European documentary film business : reelisor.com
|
|
Les documentaires produits spécifiquement en vue d'une diffusion sur le web sont un phénomène récent. Ils y prennent une forme désormais aboutie basée sur une durée courte, un rapprochement de la fiction et une interactivité qui laisse à l'internaute une grande liberté de navigation dans le récit. Il ne reste plus qu’'à leur trouver un modèle économique pour le moment encore incertain.
| |
 |
| "Voyage au bout du charbon", une navigation contextuelle riche |
| |
La diffusion de documentaires sur l'Internet date de trois ans environ, lorsqu'en 2004 se lance la plateforme de Vidéo à la demande Vodeo.tv qui réunit des catalogues complets de films documentaires déjà diffusés à la télévision pour la plupart et que l'internaute peut regarder sur son ordinateur ou via des plateformes de TV ADSL comme Free TV ou neuf TV. Sur Vodeo.tv le web documentaire se présente dans sa facture la plus classique de manière linéaire comme un documentaire prévu pour la télévision. Dés lors, le principal avantage de le diffuser sur l'internet est l'absence de contrainte vis à vis d'une grille de programmes comme sur une chaîne de télévision, mais aussi la possibilité d'avoir une visibilité à l'échelle de la planète.
Le modèle économique d'un portail comme vodeo.tv repose essentiel sur l'achat des films par l'internaute. Et, pour Frédéric Pie, le fondateur de Vodeo.tv il n'y a pas de raison que cela change de sitôt : " Car, même les grands portails du web ne sont pas capables aujourd'hui de rémunérer de manière régulière avec les recettes publicitaires un film de plus de 13 minutes. Par conséquent, vodeo.tv prend en charge les frais techniques liés à la diffusion des films sur le web en VOD et partage les recettes liées aux nombres d'internautes qui consultent de manière payante les documentaires".
Des expériences nouvelles de navigations contextuelles
Par ailleurs, il existe une génération de documentaires diffusés sur le web plus novateurs dans leur forme qui s'adaptent à ce nouveaux média qu'est l'internet. Cela passe par une plus grande interactivité à l'intérieur du documentaire et le mélange des médias autour de la vidéo ou la photo.
C'est le cas du web documentaire « Thanatorama » qui nous fait réfléchir de façon poétique sur notre propre mort et sur ce que deviendra notre enveloppe corporelle après notre décès. Ce web documentaire utilise la métaphore des étoiles, le firmament de notre vie, pour proposer une navigation quasi-initiatique dans le contenu du documentaire. C'est ce même genre d'ergonomie à la fois sobre et complexe à mettre en œuvre au sein d'une narration que l'on retrouve plus récemment dans le web documentaire "Voyage au bout du charbon". "Voyage au bout du charbon" est un documentaire interactif qui nous emmène à la découverte des mines de la vallée du Shanxi en Chine.
Réalisé par deux journalistes Samuel Bollendorff et Abel Ségrétin et développé par l'agence 31 Septembre et Honkytonk films, ce web documentaire mélange avec une réelle harmonie des photos d'ambiance, des interviews vidéos et une bande son léchée. L'omniprésence des photos et de la bande son vient du fait que Samuel Bollendorff était parti en reportage dans ces mines de charbon chinoises avec son traditionnel appareil photo argentique Leica et un appareil photo numérique d'appoint qui lui a finalement servi à réaliser les vidéos. Il était accompagné en outre d'Abel Ségrétin correspondant de Radio France International à Pékin qui, lui, disposait de son équipement de reporter radio. De cette alliance des médias surgira une impression particulière, celle d'un univers minier figé, d'un autre siècle... Quant à la légèreté des équipements de tournage, ils furent bien adaptés aux conditions de tournage difficiles, voire clandestines. Le reportage passé, l'intégration des différents médias dans le logiciel Flash nécessita un
| |
 |
| Gaza-Sderot, une autre manière de voir le conflit israëlo-palestinien |
long travail de plusieurs mois de postproduction, durant le quel une aide du CNC de 20 000 euros fut la bienvenue. "Notre fil conducteur, explique Samuel Bollendorff,
|
|
a été de nous placer dans la tête d'un internaute d'une vingtaine d'années qui est lassé de la télévision traditionnelle, ne lit pas ou peu et recherche ses informations essentiellement sur l'internet."
Fort de ce premier succès sur lemonde.fr depuis le 18 novembre 2008, Samuel Bollendorff entame déjà un autre web documentaire en partenariat avec France 5 Education cette fois et consacré à l'obésité et l'humanité qui grossit... Là encore Samuel Bollendorff compte tenter des expériences : "Mon idée est encore une fois d'explorer le sens que les choses prennent en fonction du média utilisé. Cela permet de créer des ruptures dans le scénario de différentes manières que je trouve intéressantes".
Toujours dans la recherche d'une écriture scénaristique différente, où le spectateur n'est plus inactif, Bo Travail a réalisé pour le site web d'Arte un documentaire interactif "Gaza/Sderot, la vie malgré tout" qui utilise les capacités multimédias, un peu à la manière des moteurs de recherche les plus en pointes du web, pour offrir à l'internaute la possibilité de choisir à tout moment d'entrer dans la vie quotidienne d'un palestinien ou d'un israélien. Dans ce Web documentaire, chaque spectateur peut en fonction de ses envies, de ses attentes, de sa pensée, de son parcours regarder les images qui l'intéresse et construire sa propre réflexion. Le parcours de l'internaute est bien sûr orienté par les auteurs/réalisateurs dans la construction du projet par épisode, mais l'intention laisse une large place à la liberté du spectateur.
Le web documentaire devient communautaire
Avec le Web documentaire ou documentaire web 2.0, non seulement le téléspectateur devient plus actif, mais il entre aussi dans un espace communautaire. C'est le cas récemment du projet "Twenty show" diffusé sur le site communautaire Myspace et bientôt sur Arte. Twenty show est parti de l'idée de faire un remake de "Hitler ? connais-pas !" un film de Bertrand Blier qui, dans les années 50, avait fait témoigner en studio un groupe de jeunes de 17 à 20 ans. Mais, faire un simple remake de cette œuvre du réalisateur français n'intéressait pas Arte. Bruno Nahon, le producteur, est donc revenu vers la chaîne en proposant un projet plus novateur basé sur un symbole fort de l'expression de soi chez les jeunes d'aujourd’hui : le blog vidéo. L'idée consiste alors à créer une histoire à partir de séquences de blogs vidéo dans lesquels quatre adolescents conversent et se répondent alternativement, le tout diffusé sur le portail communautaire Myspace, puis sous forme d'un film documentaire de 90 minutes sur Arte. Cela suppose bien entendu de partir des codes visuels propres au blog et non pas de ceux du film documentaire traditionnel. La succession de prises de parole des jeunes "face-caméra" repose sur des plans séquences très épurés.
| |
 |
| Twenty Show sur le site web d’Arte TV et sur Myspace |
Bruno Nahon a fait appel à quatre réalisateurs également jeunes, afin qu'ils soient proches des sujets qu'ils filmaient. Ainsi à la fin de l'été 2008 et ce durant huit mois, une cinquantaine de blogs vidéo de 2 minutes 30 maximum, ont été diffusés sur myspace.com, avant qu'au printemps 2009 un film documentaire ne puisse en être extrait.
Le buzz autour de "Twenty show" a été immédiat sur l'internet. Plus de 300 000 blogs vidéo de "Twenty show" ont été regardés à ce jour, à raison de 4000 visites quotidiennes. Et, les commentaires vont bon train, puisque myspace en comptabilise plus de 1200 écrits, tandis que 25 jeunes ont répondu en se mettant eux-mêmes en scène via leur webcam. "Le fait que ce documentaire soit scénarisé au millimètre et fasse appel à de jeunes comédiens, explique Bruno Nahon, ne gène pas du tout les internautes, qui trouvent généralement que les scènes sentent le vécu". Du coup aussi, afin d'enrichir le scénario du film qui sera diffusé sur Arte, certains commentaires des internautes y seront intégrés, Mia, un personnage autour duquel se cristallise les internautes tiendra une place de choix dans le film et enfin un cinquième personnage sera intégré à l'histoire, afin d'étoffer le propos.
Dans la même veine du documentaire qui devient communautaire sur le web, on pourrait également citer la série "Ferry Boat" constituée de saynètes cocasses de la vie quotidienne à Marseille. Il s'agit de courtes chroniques qui, le temps d'une traversée en Ferry, mettent en scène une foule de personnages et de situations à la fois authentiques et décalés. Cette sitcom marseillaise remporte depuis le mois d'octobre 2008 un vif succès sur le site web du journal La Provence. "Ferry Boat" est également diffusé chaque soir à 20 h 50 sur la chaîne locale LCM. Cette web fiction du quotidien est originale notamment de par l'écriture de ses scénarii qui a été confiée en partie à un panel de douze lecteurs du journal La Provence. Au pays de la bouillabaisse, les acteurs locaux ont semble-t-il trouvé une recette réussie de fiction du réel qui pourrait inspirer les projets de documentaires sur le web à partager de la sorte la production et la diffusion entre web, télévision locale et presse régionale.
|
|
Sunny Side of the doc - Recevez-vous de nombreuses demandes d'aides pour des projets de web documentaires ou est-ce que ce genre demeure embryonnaire ?
Guillaume Blanchot - Cela fait déjà quelques années que le documentaire cherche à se faire une place sur la Toile. Nous avons vu arriver le projet "Voyage au bout du charbon" il y a trois ans déjà. Je pense que le documentaire est un des genres audiovisuels qui se prête le mieux à une diffusion sur le web, car l'interactivité immédiate qu'offre l'internet est une source d'intérêt supplémentaire du téléspectateur pour ce type de programmes.
La manière de produire des web documentaires diffère-t-elle de la manière de faire dans le documentaire traditionnel ?
Ce qui est frappant avec le web, c'est de sentir la manière dont ce nouveau média modifie le mode d'écriture du documentaire. Le scénario est dans ce cas étroitement lié à l'interaction que l'on veut obtenir avec l'internaute. Cela renforce le producteur dans son rôle d'acteur ayant une vision globale du projet. C'est lui qui va cerner de manière fine à la fois les contraintes techniques et celles liées à la création interactive, au mode de diffusion. Les gens de la technique et ceux de la création sont obligés de se parler très tôt dans ce domaine du web documentaire.
Il y a aussi un virage en termes d'audience notamment chez la jeune génération qui ne fait plus de distinguo entre les médias. Elle consomme de l'internet avec la même appétence que la télévision ?
Dans les modèles de réflexion traditionnels sur les médias, on a coutume d'analyser chaque média séparément. Avec les jeunes générations il faut de plus en plus raisonner en termes d'univers et de continuité des médias entre eux. Je trouve dans cet esprit la démarche d'Arte très novatrice, car cette chaîne n'essaie pas de se servir du web uniquement comme un moyen d'orienter les internautes vers la télévision, mais tentent de créer des programmes représentant un intérêt en soi sur le web.
Le web documentaire a-t-il trouvé son modèle économique ?
Si le web documentaire n'est pas complètement nouveau dans sa forme, il est intéressant de voir qu'aujourd'hui une économie commence à se construire autour de ce genre. Les diffuseurs TV traditionnels commencent à s'y intéresser sérieusement et les "pure players" de l'internet aussi. On espère que ces derniers vont devenir aussi les financiers des web docs qu'ils diffuseront sur leur
|
|
portail. Même si les modèles économiques ne sont pas éprouvés, on sent bien que les web documentaires pourraient générer des revenus publicitaires alimentant la production.
Quels sont les acteurs les plus moteurs en matière de web documentaires : les producteurs, les diffuseurs TV, les nouveaux acteurs ?
Ce sont les producteurs traditionnels, tels Les films d'ici ou Bo travail à l'origine de concepts documentaires nouveaux ainsi que les chaînes de télévision traditionnelles comme Arte, Canal+ ou France 5. Les portails internet, à de très rares exceptions près, ne mettent pas d'argent en production pour des web documentaires.
La seule contribution est un partage des recettes publicitaires une fois le documentaire mis en ligne sur un portail. Il arrive parfois tout de même qu'en s'appuyant sur une économie très légère, certains sites web comme Blog Trotter parviennent sans l'aide d'un diffuseur TV à produire et diffuser sur le net des œuvres qui se situent entre le documentaire de création et le grand reportage.
Y a-t-il des moyens financiers supplémentaires qui pourraient être débloqué au profit du web documentaires ?
D'ici la mi-2009, les décrets d'application de la transposition dans la loi française de la Directive Européenne vont sans doute contribuer à l'essor de ces nouvelles formes de documentaires à travers l'obligation pour les services de Video à la Demande de fournir des aides à la production, comme le font les diffuseurs TV traditionnels depuis 20 ans...
Au CNC, nous fournissons une aide à l'écriture et à la production de ces web documentaires. Et, depuis quelques mois, nous acceptons aussi que les 25 % d'apports en production habituellement mis sur la table par une chaîne de télévision en complément du compte de soutien attribué par le CNC puissent être versés par un portail de vidéo à la demande. On peut dés lors imaginer un documentaire reposant sur 15 % de financement provenant d'une chaîne de télévision traditionnelle et 10 % d'un portail Internet.
Même si la VOD n'a pas connu l'essor escompté il y a trois ans, on sent néanmoins qu'outre des acteurs comme Orange à la stratégie ambitieuse, les portails internet comme MSN ou Yahoo essaient d'avoir une politique de soutien à un contenu diversifié au-delà du sport, du cinéma et des programmes adultes.
Fait nouveau aussi, les organes de presse s'intéressent désormais à la diffusion de documentaires sur le web. L'exemple emblématique est bien sûr le rachat
récent du portail de VOD spécialisé dans le documentaire Vodeo.tv par le groupe Figaro. Mais il y a aussi, Le journal La Provence qui a signé un accord de diffusion avec le producteur marseillais Strianna pour une diffusion sur son site web de la série "Ferry boat" ou encore le monde interactif qui diffuse "Voyage au bout du charbon". On voit aussi apparaître des programmes proches du documentaire financés par un annonceur unique.
|