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Exclusivité

Le livre Combats Documentaires - 20 ans d’histoires vraies est paru.

Offre spéciale - 15 €uros (port inclus)

Le livre « Combats Documentaires - 20 ans d’histoires vraies » est en vente.

> 200 pages
> Bilingue (Français/Anglais)

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NEWSLETTER N°6


EDITORIAL

La Vida LocaLe succès du 20ème (et de sa fête !) est derrière nous. Il nous a redonné espoir et énergie. Nous préparons d’ores et déjà la 21ème édition pour l’ancrer solidement dans ce 21ème siècle.

Sunny Side est et sera encore davantage le Marché de TOUS les documentaires, sous toutes ses formes convenues ou en devenir : films de cinéma ou de télévision, séries, éducatifs ou d’investigation, webdocs ou plateformes transmedia… cette diversité fait la force du genre.

Nous avons projeté et soutenu, en juin dernier, deux productions très différentes : la série Apocalypse et le film La Vida Loca. La première a rencontré un large public sur France 2. Le second réalise une excellente sortie en salles. Nous nous réjouissons de ces deux succès, bien que l’assassinat de Christian Poveda relativise grandement ces plaisirs. Il nous rappelle que l’ENGAGEMENT n’est pas un vain mot, que le documentaire peut être dangereux à réaliser, lorsqu’il va révéler des vérités. Après les disparitions de Christophe de Ponfilly et Christian Poveda, nous devons tous prendre la mesure de ces risques et soutenir ceux –rares- qui les prennent.
Nous avons d’autre part, en juin dernier, créé les BIPS –Best International Project Showcase-, thématiques. Ce coup d’essai fut réussi. Un seul exemple : le projet mexicain Agnus Dei y a trouvé sa coproductrice et sa distributrice. Le film sortira en salles au Mexique et en Europe !

Cet exemple justifierait à lui seul, si besoin en était, notre initiative de Rendez-Vous de coproduction entre l’Amérique Latine et l’Europe à Buenos Aires, du 23 au 25 novembre : LATIN SIDE OF THE DOC/DOC BUENOS AIRES, organisé en parfaite complicité avec le nouveau marché de films cinéma Ventana Sur. « LSD» va vous faire voyager !

Pour comprendre le dynamisme et l’originalité des réalisateurs et producteurs latinos, les opportunités de coproduction, les systèmes d’aide, les réseaux de diffusion… nous consacrons le dossier de cette News Letter au continent Sud Américain.

Eldorado ? Certes non, mais la passion documentaire y bat très fort. Alors venez donc profiter de notre travail de repérage et de sélection : les meilleurs projets latinos, du Mexique et du Chili, de Cuba au Venezuela, de la Colombie à l’Argentine… seront au Rendez-Vous, ainsi que des projets européens. Et le plateau de Décideurs des deux continents ne vous laissera pas indifférents.

Hasta Luego !

Yves Jeanneau


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L'ACTUALITé
Latin Side Of The Doc Latin Side Of The Doc







LSD – Latin Side of the Doc - Rendez-vous de coproduction à Buenos Aires, Argentine -  du 25 au 27 novembre 2009
3 jours de rencontres entre professionnels européens et sud américains.
Rendez-Vous organisé par Sunny Side of the Doc, Doc Buenos Aires et soutenu par Arte.
Pour vous inscrire : www.sunnysideofthedoc.com/fr


DOC BUENOS AIRES / LATIN SIDE OF THE DOC

Du 25 au 27 Novembre 2009 - Buenos Aires, Argentina

Pour sa 9ème Edition, Doc Buenos Aires s’est allié avec Sunny Side of the Doc (France),
Du 25 au 27 novembre aura lieu « Doc Buenos Aires/Latin Side of the Doc (DBA/LSD) »  à Buenos Aires , juste avant « Ventana Sur » - la première édition du marché organisé par l’INCAA (Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales) en collaboration avec le Marché Du Film du Festival de Cannes.

Le DBA/LSD a pour objectif d’aider à intégrer le marché de documentaires latino américain au marché international. Le moyen est de réunir les principaux producteurs et diffuseurs internationaux ainsi que les projets et leurs auteurs pour stimuler la coproduction et favoriser une communication directe entre les professionnels du marché international.

Le marché audiovisuel latino américain se construit progressivement et doit trouver des formes et des stratégies pour s’intégrer davantage et mieux au sein du marché international. Prévente, vente et coproduction sont les enjeux de ce marché car il existe encore une carence importante en Amérique latine en matière de ressources, stratégies et outils de vente. L’objectif principal de “DOC BUENOS AIRES/LATIN SIDE OF THE DOC” est la formation, la communication aux professionnels latino américains, des règles, des outils et des connaissances nécessaires pour une meilleure intégration dans le marché actuel.



DOC BUENOS AIRES/LATIN SIDE OF THE DOC c’est donc :
  • Les sessions des pitch au cours desquelles seront présentés 24 projets sélectionnés face à un jury International. Ces rencontres auront pour but d’aborder les aspects narratifs et esthétiques de chaque projet ainsi que les possibles stratégies de financement et d’intégrations dans les autres marchés.

  • Conférences, études  de cas, déjeuners et petits déjeuners de travail qui faciliteront le contact individuel, l’intégration dans les réseaux, le développement des coproductions.

  • Les Side by Side : Réunion en tête à tête producteurs et diffuseurs. Pour les projets sélectionnés… et les autres !

  • Catalogue / site Internet : Les projets sélectionnés pour les pitch seront inscrits dans le catalogue remis à tous les participants. Les noms et coordonnées de chaque participants figureront dans la partie « who’s who ».  

  • Marché Ventana Sur. Les participants au DBA/LSD auront également accès à ce marché qui leur permettra de rencontrer d’autres professionnels.

Le jury DBA/LSD remettra aux projets latinos les prix d’aides au développement :

Meilleur projet / 3000 dollars - Offert par l’Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales-INCAA

Projet le plus créatif / 3.000 euros - Offert par ARTE France

Meilleur projet du Cône Sud / 2.500 euros - Offert par la Délégation Régionale Française de Coopération pour le Cône Sud. (Uniquement pour les projets en provenance d’Argentine, Uruguay, Chili ou Paraguay

Prix Mercosur pour le Meilleur Documentaire Expérimental / 2.000 euros - Offert par le Secrétariat Audiovisuel / Ministère de la Culture Brésil

Prix Canal (à) / préachat des droits pour la télévision pour une valeur de 1000 euros - Offert par Canal (à), Chaîne de télévision Argentine


Dans le cadre de LSD, hommage à Christian Poveda

Christian PovedaJeudi 26 novembre à 20h00 - Projection de "La Vida Loca"

Hommage à Christian Poveda au Monumental Theatre - Suivi du cocktail Ventana Sur.

Christian Poveda a été tué le 2 septembre dernier, au Salvador. Il y préparait la promotion de "La Vida Loca"  sorti en salles de cinéma en France le 30 septembre.

Film remarquable à tous égards, en particulier pour sa ténacité et la qualité de son investigation, dont nous avions fait, ensemble, l'avant-première à Sunny Side en juin dernier. Et nous lui avions décerné le "Prix Coup de Coeur Sunny Side 2009".

www.lafemme-endormie.com/vidaloca


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DOSSIER

Le documentaire latino dans la lumière

A l’image d’un continent qui s’apprête à accueillir pour la première fois les Jeux Olympiques (en 2016 au Brésil), le documentaire sud-américain est en pleine ébullition, curieux du monde et bourré d’énergie. Surtout, après avoir vécu avec des « bouts de chandelle », créé ses films « à l’instinct » et fonctionné sur le « système D », il apprend à vitesse grand V à devenir adulte et se structure pour mieux s’ouvrir au monde.


Au dernier Mipcom, un stand n’a pas désempli : celui des producteurs indépendants brésiliens (Brazilian TV Producers). Ce même stand qui, il y a deux ans, comptait seulement six sociétés. Cette année, il en a affiché 32, soit le double du dernier MipTV ! Les deux tiers sont producteurs de documentaires. Au Brésil, comme partout en Amérique latine, la production audiovisuelle est en train de vivre une révolution et l’exemple du stand brésilien au MipCom n’est ni anodin, ni isolé. L’Amérique latine est riche de créateurs et d’idées. Elle fourmille d’auteurs qui ont envie de raconter leur histoire et leur pays. Mais jusqu’ici, elle manquait de professionnalisme, de structures de production et de diffusion adéquates, et d’argent. Trois freins que les principaux pays comme l’Argentine, le Mexique et le Brésil, mais aussi les plus petits comme le Chili ou l’Uruguay, ont décidé de faire sauter dans le but largement avoué de faire rayonner leur production locale à travers le monde.

1. Professionaliser le secteur

« Le documentaire latino se nourrit de son histoire mouvementée, de sa diversité ethnique et géographique, de la curiosité exacerbée de ses auteurs. Du coup, la production est pléthorique, prolifique et très créative », estime Françoise Gazio, productrice au sein de la société Idéale Audience, qui travaille beaucoup avec l’Amérique latine. « Il y a de nombreux documentaires latino-américains, mais la plupart sont destinés au marché local et ne sont ni écrits, ni construits », note pour sa part Patricia Boero, directrice déléguée de LPB (Latino Public Broadcasting). « Les producteurs et les réalisateurs ne pensent pas aux besoins des distributeurs internationaux ni aux exigences des diffuseurs : la durée du film n’est pas adaptée, la présentation des personnages inexistante, l’expression des idées peu claire. La structure même du film et du script sont souvent à revoir : les interviews s’enchaînent, qui empêchent le film de respirer et les téléspectateurs de « digérer » les informations recueillies. En plus, ces interviews sont souvent faites en très gros plan, ce qui rend difficile le sous-titrage ». « Il y a encore six ans, les auteurs n’écrivaient pas leur film, reconnaît Carmen Guarini, de la société argentine Ciné Ojo. Ils pensaient que le réel devait juste être montré, pas raconté. Mais aujourd’hui, cela va mieux, car nous avons mis en place des structures de formation, créé des écoles de cinéma ». Parmi celles-ci, le Doc Buenos Aires (qui fusionne cette année avec le Latin Side of the Doc), créé par Ciné Ojo et dédié à la production documentaire indépendante, contribue à la professionnalisation du secteur en aidant auteurs, réalisateurs et producteurs à écrire et développer des projets originaux. Le forum est ouvert aux créateurs indépendants d’Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie, Pérou, Vénézuéla, Colombie et Equateur.

Néanmoins, dans la plupart des pays, très peu de structures existent qui produisent ou même distribuent le genre documentaire. « Souvent, explique Françoise Gazio, le réalisateur est son propre producteur, et la société de production n’existe que le temps d’un film ». Ce qui est vrai pour les pays les plus petits de l’Amérique latine, l’est de moins en moins pour les pays plus importants comme le Mexique, l’Argentine et le Brésil. Dans ce dernier, la profession travaille activement à sa structuration depuis plusieurs années déjà. Ainsi, l’association des producteurs TV indépendants brésiliens (ABPI-TV) est l’un des partenaires, avec le ministère de la culture et l’agence pour le développement des exportations et des investissements (Apex-Brasil), du programme BTVP (Brazilian TV Producers), représentant plus de 100 sociétés investies dans la production TV et multimédia, et chargé de stimuler le secteur de la production et développer des partenariats internationaux.

Ce même souci de professionnaliser le secteur a conduit Jacques Bensimon, consultant international pour BTVP, à lancer le premier PicDoc. « C’est un événement organisé pour accélérer la formation des producteurs de documentaires brésiliens dans la coproduction internationale, explique-t-il. Nous avons sélectionné 40 projets de documentaires que nous allons présenter à 14 formateurs, qui sont des diffuseurs et producteurs internationaux rompus à la coproduction, comme Elisabeth Hulten d’Arte, Ari Yala-Anttila de YLE TV, Geoff Daniels de National Geographic Television, mais aussi Emmanuel Priou de Bonne Pioche et Phil Cox de Native Voice. »


2- Diversifier les sources de financement

Avec la professionnalisation des producteurs, réalisateurs et auteurs, une autre grande mission occupe aujourd’hui les esprits en Amérique latine : trouver de nouvelles sources de financement. Dans beaucoup de pays, la production documentaire est mal financée, parce que locale. « Trouver de quoi financer un film est toujours une lutte quotidienne pour un producteur indépendant », estime Patricia Boero. Il n’existe pas réellement une économie du documentaire en Amérique latine et le retour sur investissement est souvent une notion vague, sinon inexistante. Et même quand la qualité d’un film est reconnue, il est difficile de le vendre sur le marché domestique » ajoute-t-elle. Car les chaînes locales ne cofinancent pas les films. « Elles ne pré-achètent jamais un film et commencent, depuis deux ans seulement, à développer une politique d’achat », note Carmen Guarini. Quelques chaînes américaines, implantées en Amérique latine, comme HBO, Discovery ou National Geographic, investissent dans des films locaux, « mais c’est avant tout pour les façonner à leur image », note un producteur.

Ainsi, le financement du documentaire, aujourd’hui, est en grande partie assuré par des fonds publics, des universités, des mécènes. Au Chili, durant la dictature Pinochet, les cinéastes en exil recevaient de nombreuses aides d’ONG et d’organisations étrangères. Aujourd’hui, le gouvernement est le principal bailleur de fonds des cinéastes chiliens revenus dans leur pays. Dans ce pays mais aussi en Uruguay, il existe désormais des fonds régionaux d’aide, délivrés par les universités locales.

En Argentine, c’est l’INCAA (Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales) qui soutient la production documentaire, en achetant une fenêtre de diffusion pour la chaîne publique. « Son action s’est d’ailleurs développée de manière significative depuis trois ans, notamment parce qu’il soutient désormais les films tournés en vidéo, ce qu’il ne faisait pas avant », explique Carmen Guarini. Ainsi, l’INCAA finance aujourd’hui environ 50 films par an pour un apport moyen de 40 000 dollars par film. Et pour protéger sa production locale et favoriser sa distribution, l’INCAA a renforcé début 2009 sa régulation. Désormais, en salles, les exploitants doivent projeter des films argentins pendant au moins deux semaines. Le gouvernement brésilien a, de son côté, commencé par taxer les chaînes américaines pour financer sa production locale. Et puis, il a autorisé les grandes compagnies à investir 4 % de leurs taxes dues sur les bénéfices dans la production audiovisuelle. Du coup, des géants comme Petrobas, société énergétique, sont devenus des investisseurs importants du secteur audiovisuel indépendant brésilien et ils ont largement contribué à structurer le secteur.

3- Favoriser la circulation du documentaire

Pour assurer un meilleur financement au genre documentaire, lui permettre de se développer, l’Amérique latine a compris que, à l’instar de sa voisine nord-américaine ou de l’Europe, il lui fallait investir le marché international, en développant des canaux de diffusion et des structures de distribution.

Depuis quelques années, des chaînes de télévision nationales se sont développées. En mai 2005 en Argentine, est née Canal Encuentro, chaîne éducative créée par le ministère de l’éducation nationale. Au Mexique, Canal 22, chaîne culturelle publique financée par le Ministère de l’Education et le Conseil national de la Culture et des Arts, existe depuis 1993. Et si elle fonctionnait au départ principalement avec les universités et les programmes éducatifs, depuis quelques années, elle soutient également la production indépendante et diffuse de plus en plus de documentaires produits par des sociétés privées. La production nationale représente aujourd’hui 49 % de sa programmation. La chaîne est également présente dans les neuf villes américaines les plus hispanophones grâce à un accord stratégique avec la société mexicaine de satellite Satmex. La coopération entre pays s’exprime également avec la chaîne d’information Tele Sur, créée en 2005 avec le soutien de six pays : Argentine, Bolivie, Cuba, Equateur, Nicaragua et Vénézuéla. Infos et documentaires constituent une grille de programmes qui n’a d’autre objectif que de « contribuer à l’intégration des peuples latino-américains, en les aidant à devenir des citoyens critiques, éclairés et participatifs de la société ».

Celia - Voces(VOCES – Celia The Queen / Caption: Celia Cruz
Photo Credit: Courtesy of the Celia Cruz Foundation)


Mieux faire circuler le documentaire latino aux Etats-Unis, c’est aussi l’objectif du Latino Public Broadcasting, co-dirigé par Patricia Boero et principalement financé par la télévision publique américaine (Corporation for Public Broadcasting). Ce fonds est destiné aux producteurs de documentaires latino résidents aux Etats-Unis ou citoyens américains. « LPB aide à la diffusion de ces films, notamment par le biais du réseau public PBS, qui possède plus de 300 chaînes locales, explique Patricia Boero. Et puis, LPB peut également cofinancer ou acquérir certains films produits en dehors des Etats-Unis pour sa série VOCES, qui est une vitrine du cinéma documentaire latino proposée aux chaînes américaines, notamment avec l’aide de distributeurs tels que l’American Public Television ».

Preuve de la créativité, de l’énergie et de la richesse de la production cinématographique et audiovisuelle en Amérique latine, le Marché du film de Cannes organise sa première déclinaison internationale en Argentine. « En Europe, en Amérique du Nord et en Asie, beaucoup de pays organisent des manifestations internationales pour promouvoir et vendre leur production locale. En Amérique latine, cela n’existe pas à l’échelle du continent, et c’est pour cela que nous avons répondu présents quand l’INCAA est venu nous demander de l’aide pour monter une telle manifestation », explique Jérôme Paillard, directeur délégué du Marché du film pour le festival de Cannes. Les deux partenaires lancent alors l’idée d’un marché du film latino-américain, le Ventana Sur, dont la première édition aura lieu du 27 au 30 novembre à Buenos Aires. « 250 acheteurs du monde entier viendront découvrir le cinéma d’Amérique latine, un cinéma prolifique dans les grands pays, mais aussi très actif dans des pays plus petits comme la Colombie, le Chili et le Costa Rica ». Et si cet événement a pour ambition de promouvoir le cinéma latino-américain à travers le monde, il a aussi pour objectif de favoriser la circulation des œuvres à l’intérieur de l’Amérique latine.

Reste Internet, un réseau mondial encore balbutiant en Amérique latine, mais sur lequel les professionnels se penchent sérieusement. « C’est une étape supplémentaire à franchir » sourit, en guise de conclusion, Carmen Guarini.


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Les manifestations professionnelles en Amérique latine

Depuis plusieurs années, les manifestations professionnelles se développent partout en Amérique latine. Leur but : promouvoir la production locale et favoriser l’émergence de coproductions internationales. En voici quelques-unes.

- Le DOCSDF (15 au 24 octobre 2009, Mexico, Mexique)
Du 15 au 24 octobre a lieu à Mexico la quatrième édition du DOCSDF, festival qui a pour ambition de montrer une sélection de la production documentaire nationale et internationale. Si elle projette des films de tous pays, la manifestation favorise également la production sud-américaine grâce à un prix du meilleur film ibéro-américain. En marge du festival, des rencontres sont organisées entre réalisateurs, producteurs, universitaires, chercheurs et amateurs de cinéma documentaire. Pendant neuf jours, les habitants de Mexico peuvent également découvrir le « cinéma du réel ». www.docsdf.com

- Le DocBsAs/LSD (25 au 27 novembre, Buenos Aires, Argentine).
www.sunnysideofthedoc.com/fr/lsd_presentation.php

- Le PicDoc (30 novembre au 5 décembre 2009 à Rio de Janeiro, Brésil) L’association des producteurs indépendants de télévision (BTVP), en partenariat avec l'ABPI-TV (Brazilian Association of Independent Television), SAV / MINC, (Département Audiovisuel du Ministère de la Culture) et l'APEX-Brésil, (Agence brésilienne de promotion des exportations et des investissements) lance le 30 novembre prochain à Rio de Janeiro le premier PicDoc, un événement qui va permettre aux producteurs brésiliens de présenter leurs projets devant un panel de professionnels venus du monde entier (voir article principal). www.braziliantvproducers.com/picdoc

- It’s All True – E Tudo Verdade (8 au 18 avril 2010 à Sao Paulo et Rio de Janeiro, Brésil).

Le Festival International du film documentaire, fondé et dirigé par Amir Labaki, fêtera sa quinzième édition en 2010. La manifestation a pour ambition de mettre en valeur le cinéma documentaire sud-américain. Elle est financée par des sponsors locaux comme Petrobas, et CPFL Energia, ainsi que par des partenaires institutionnels comme Oi Futuro, association créée pour réduire les inégalités raciales au Brésil. www.itsalltrue.com.br/2010/index.asp

- Fidoc (juin 2010 – sous réserve, Santiago, Chili).

Le Festival International du film documentaire, dirigé par Gonzalo Maza, a fêté sa treizième édition en juin, avec une présence accrue d’invités internationaux, venus rencontrés auteurs, réalisateurs, producteurs et étudiants en cinéma chiliens et sud-américains. Cette année, pour la première fois, la compétition a compté un grand nombre de films sud-américains de grande qualité. http://fidocs.uniacc.cl/

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L’âme du documentaire latino vue par…

- Françoise Gazio, productrice (Idéale Audience) :
Patricia Boero
« Le documentaire latino est très imaginatif, haut en couleurs et très créatif. L’imaginaire latino est très fécond, et cela se voit dans les films. Il se nourrit de la grande diversité ethnique du continent, d’une histoire politique et sociale bousculée, d’une richesse culturelle forte. Les univers développés dans les films documentaires sont très différents. On y trouve aussi bien des films de société qui traitent les problèmes locaux, que des films qui racontent les beautés géographiques ou autres des pays. Sur les canaux de diffusion parallèles, les festivals par exemple, on peut également découvrir des films politiquement très engagés qui dénoncent les travers des gouvernements ».

- Carmen Guarini, productrice (Ciné Ojo) :

Carmen Guarini « Le documentaire latino n’a pas un langage spécifique. Il est multiple. Il traite invariablement des questions de la mémoire collective, des minorités indigènes, de la politique, des problèmes de société. La politique donne souvent naissance à des films militants. Du coup, nous essayons de travailler les questions politiques par le biais de l’histoire, et non par celui du militantisme. Souvent, les films qui traitent de la mémoire sont de grande qualité. Certains cinéastes, chiliens notamment, travaillent encore dans l’exil et réalisent des films traitant du passé récent d’une grande force politique et émotionnelle ».





- Patricia Boero, directrice déléguée (Latino Public Broadcasting) :

Patricia Boero« Il y a une richesse et une diversité de contenus exceptionnelles dans le documentaire latino. Les films couvrent de nombreux aspects de la société, de l’expérience individuelle et personnelle à l’histoire, du formel à l’expérimental. J’admire le travail de Juan Carlos Rulfo et de Natalia Amada au Mexique, je suis de très près celui de Santiago Alvarez et de Patricio Guzman, ainsi que celui, plus expérimental de Jorge Furtado dans L’île des fleurs, par exemple. Mais je m’intéresse aussi à ce vivier de jeunes documentaristes qui émerge partout en Amérique latine, et que l’on découvre dans les festivals. Et enfin, j’accorde beaucoup d’attention au travail des documentaristes qui apprennent à mélanger les genres, comme Walter Salles dans Central do Brasil, ou plus récemment Enrique Fernandez et Cesar Charlone dans El Baño del Papa (Les toilettes du pape), un film qui mélange acteurs professionnels et gens de la vie réelle.


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FOCUS

Agnus Dei : Lamb of God en tournage

En juin 2009, le Sunny Side of the Doc a créé les BIPS - Best International Project Showcase – sessions de pitchs thématiques destinées à favoriser les échanges autour de projets de documentaires internationaux. L’un de ces projets, Agnus Dei : Lamb of God (Agnus Dei : Cordero De Dios), présenté par la société de production mexicaine Pepa Films, aborde un sujet difficile et tabou, notamment pour la très croyante Amérique latine : les abus sexuels perpétrés dans le cadre de l’église catholique. Pas évident, du coup, de trouver des partenaires, ni de boucler le financement final, qui se monte à 400 000 dollars.

« Pourtant, les choses se sont accélérées depuis le Sunny Side, explique Samuel Sosa de Pepa Films, et la réalisatrice, Alejandra Sanchez, a déjà démarré le tournage du film. Aujourd’hui, nous avons quasiment bouclé notre budget. En juin dernier, nous nous sommes rapprochés d’une société française, avec qui nous sommes sur le point de conclure un contrat de coproduction et de distribution ».

« Cela dit, ajoute Samuel Sosa, les cas de pédophilie au Mexique sont bien plus complexes que ce que nous avons d’abord imaginé. Approcher les bons personnages, puis les « accoucher » ont pesé sur notre calendrier. Sans aucun doute, ce film va changer la perception du monde sur les abus sexuels, considérant les deux points de vue, celui des victimes et celui des pédophiles. Le Mexique est un pays profondément catholique et il a souvent traité sa sexualité à travers le prisme des institutions religieuses. Les temps ont changé. Les considérations sociales autour du bien et du mal ont également évolué. La société elle-même a repoussé les limites de la tolérance dans les conduites sexuelles, bien au-delà de ce que l’église nous enseigne depuis plus de 500 ans ».

Agnus Dei raconte l’histoire de quatre destins : Jesús Romero, José Bonilla, ainsi que deux jeunes séminaristes. Jesús Romero avait 11 ans quand il devint enfant de chœur. Il voulait devenir prêtre. Il a été abusé par le curé de sa paroisse pendant dix ans. José Bonilla est son avocat. Un jour, il a découvert que son fils de trois ans avait été abusé par l’entraîneur de football de son école, l’Oxford School, propriété de la Congrégation des Légionnaires du Christ. Ce film raconte l’histoire de ces quatre hommes dans leurs relations avec l’église catholique, mais à travers des points de vue extrêmement différents, de l’idéalisation de la pureté et de la chasteté, aux pratiques sexuelles les plus répressibles comme la pédophilie.

La réalisatrice, Alejandra Sanchez, a reçu divers prix pour son premier documentaire Ni Una Mas (2001), mais elle s’est surtout fait remarquer avec son premier long-métrage Bajo Juarez, la ciudad de vorando a sus hijas, sélectionné au festival de Sundance 2006, et primé, notamment, au festival du film latin de San Diego (2007), à Sunny Side of the Doc (2007) et au festival du film de Chicago (2008).


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LES NEWS ET...

« Combats Documentaires - 20 ans d’histoires vraies ». J’ai sollicité des contributions de quelques personnalités du documentaire qui ont toutes influencées ces vingt dernières années. Certaines ont travaillé dans des chaînes de télévision, d’autres ont réalisé des films, et Paul Virilio a pensé en philosophe la vitesse et les catastrophes ! Ils développent de leurs différents points de vue des questions soulevées dans les textes précédents, avec talent, sincérité et parfois humour ! Ils nous parlent de Londres, Helsinki, Bogota, Toronto, Paris ou La Rochelle… et renvoient l’écho des combats documentaires dans le monde entier... Yves Jeanneau

Offre spéciale 15€ : Le livre bilingue (Français/Anglais) « Combats Documentaires - 20 ans d’histoires vraies » est en vente. Pour télécharger votre bon de commande : www.sunnysideofthedoc.com/fr

Festival Européen des 4 Ecrans – La 3ème édition du Festival se tiendra à Paris du 18 au 20 novembre 2009.
« Le Festival européen des 4 écrans vous permet de vivre, pendant trois jours, au coeur de la révolution numérique. Une cinquantaine de films du réel, engagés et citoyens, produits pour le cinéma, la télévision, le web et le mobile, défilent sur les écrans. Le festival se dessine également comme un lieu de débats et de transmission du savoir. Conférences, ateliers, rencontres, rythment le programme de l'Université de l'image destiné aux professionnels, aux étudiants et aux passionnés d'image. » - www.festival-4ecrans.eu


... L'actualité à la Rochelle

Escales Documentaires – Les 9èmes Escales Documentaires se tiendront à La Rochelle du 9 au 15 novembre 2009. « La sélection vous donnera l’occasion de découvrir des films produits en France, en Algérie, en Colombie, au Pérou, au Japon, au Canada, en Allemagne, en Pologne. Ce sont autant de vrais documentaires de création, des œuvres fortes, qui témoignent d’une écriture cinématographique originale et qui traitent de sujets sensibles et importants dont il sera intéressant de débattre ensemble. » - www.carre-amelot.net/escalesdocumentaires

Festival du Film d’Aventure – La 6ème édition du Festival se tiendra à La Rochelle du 19 au 21 novembre 2009.
« Un sommet, un paysage, une ligne d'horizon, une carte, une photographie... Le regard déclenche les rêves les plus fous. Alpinistes, marins, explorateurs polaires, marcheurs au long cours, spéléologues et autres aventuriers sont convaincus que l'aventure se joue souvent bien au-delà d'où se porte notre regard. « L'aventure », territoire de rêve ou rêve de territoire ? Le dénominateur commun de notre sélection : l'Aventure doit être un vecteur de rêve et le film un support de choix. Le Festival du Film d'Aventure vous invite ainsi à venir poser vos yeux là où les aventuriers ont conduit leur corps. » - www.festival-film-aventure.com


BIENTÔT

ASD – Asian Side of the Doc du 22 au 25 mars 2010, à Hong-Kong.
Après l’Amérique Latine, le prochain Rendez-Vous de coproduction aura lieu en Asie. Retrouvez notre dossier spécial dans la prochaine Newsletter de Sunny Side.

La 21ème édition de Sunny Side of the Doc, se déroulera du 22 au 25 juin 2010, à La Rochelle.


 

Sunny Side of the Doc - DOC SERVICES - 21 bis Quai Maubec / 17000 La Rochelle - France
Tel : +33(0)5.46.55.79.79 / Fax : +33(0)5.46.34.46.52

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