2505_Carolle-Brabant-1Depuis sa nomination en mars 2010, Carolle Brabant s’impose par son leadership en faveur du talent et du contenu canadiens, tant au pays que sur la scène internationale. En 2012, elle a obtenu le prix Excellence en leadership de l’Association canadienne des femmes en communications (AFC), en plus d’avoir été reconnue par le Réseau des femmes exécutives (WXN) comme l’une des 100 femmes les plus influentes du Canada. Elle a amorcé, en mars 2016, un troisième mandat au poste de directrice générale de Téléfilm.

Carolle Brabant est reconnue pour sa vision novatrice de l’industrie audiovisuelle, son flair financier et ses dons de communicatrice. Elle a notamment été l’instigatrice de l’Indice de réussite de Téléfilm Canada qui mesure la performance des longs métrages canadiens sur les plans commercial, culturel et industriel. Cet indice continue de susciter l’intérêt à travers le monde.

Fellow comptable professionnelle agréée, Carolle Brabant fait carrière à Téléfilm depuis 1990. Elle y a notamment occupé les fonctions de directrice des finances et de l’administration, et de chef de la direction — administration. Elle a aussi été directrice générale par intérim de Téléfilm pendant six mois en 2004.

Administratrice émérite de fonds publics et privés, Carolle Brabant a largement contribué au succès du partenariat de Téléfilm et du Fonds des médias du Canada dont Téléfilm administre les programmes de financement.

Quelles sont les principales activités de Téléfilm Canada ?

Carolle Brabant : Téléfilm Canada aura bientôt 50 ans. Créée pour soutenir le développement et la promotion de l’industrie canadienne, notre organisation a contribué à ce qui est aujourd’hui une force économique et culturelle considérable. Au Canada, le volume total de la production audiovisuelle s’élève maintenant à plus de 7 milliards de dollars par année. Et le talent de nos créateurs est célébré dans le monde entier.

Nos programmes de financement et de promotion sont voués à la réussite de l’industrie sur les plans commercial, culturel et industriel. Nous appuyons les projets de leur développement à leur exportation, incluant des documentaires, avec l’objectif d’augmenter leurs auditoires partout et sur tous les écrans.

Nos équipes administrent aussi les 53 accords de coproduction du Canada, de même que les programmes de financement du Fonds des médias du Canada et le Fonds des talents, un fonds de dons privés qui appuie la relève canadienne et la promotion nationale et internationale.

Comment les nouveaux usages de consommation des médias ont-ils bouleversé la production de contenus linéaires ?

Carolle Brabant : On vit une ère où la consommation est de plus en plus rapide, où les plateformes se multiplient, rendant ainsi les contenus disponibles partout et en tout temps pour les auditoires du monde entier. Je pense que cela amène beaucoup d’occasions pour le documentaire qui sort des frontières linéaires imposées par les plateformes traditionnelles. Des productrices comme Josette Normandeau avec son projet Apocalypse ou encore Jennifer Baichwal avec Manufacturing Landscape ou Watermark utilisent différentes plateformes afin de mettre en valeur plusieurs aspects d’un même sujet. En tant que grande consommatrice de documentaires, je trouve cette évolution particulièrement emballante parce qu’elle permet un contenu beaucoup plus riche!

J’en profite pour souligner ici le travail exceptionnel de Hot Docs pour faciliter l’accessibilité des contenus documentaires. À travers ses initiatives innovatrices de diffusion des contenus, ce festival a contribué de façon remarquable au virage de la consommation numérique et continue d’aller de l’avant pour répondre aux besoins des auditoires canadiens et internationaux.

Quel bilan tirez-vous de ces dernières années à Téléfilm Canada ?

Carolle Brabant : Je crois que les Canadiens ont bien travaillé parce qu’ils ont travaillé ensemble! La réussite canadienne est tangible, comme on le voit ici, à Sunny Side of the Doc, et comme on l’a vu aux derniers Oscars, où deux coproductions canadiennes étaient en lice pour la statuette du Meilleur film. Nous mettons davantage l’accent sur la promotion et le marketing des histoires canadiennes dont nous sommes si fiers. Grâce à de nouveaux programmes et à un fonds de dons privés, nous soutenons aussi les talents émergents en facilitant notamment les productions à micro-budget. Cela porte fruit puisqu’aujourd’hui, dans les festivals et marchés, on voit briller côte à côte des cinéastes canadiens de toutes les générations. De nouvelles stratégies de distribution et de mise en marché adaptées aux nouvelles tendances de consommation permettent par ailleurs aux produits canadiens d’être davantage présents dans le vaste marché numérique. Je pense que les créateurs canadiens sont maintenant reconnus par l’industrie audiovisuelle mondiale comme des partenaires de choix lorsqu’il s’agit de produire des contenus attrayants, d’intérêt universel.

Votre présence à Sunny Side of the Doc est un message fort envoyé à la communauté internationale du documentaire. Que souhaitez-vous dire aux auteurs, producteurs et chaînes TV qui voudraient se rapprocher de Téléfilm Canada pour des projets multiplateformes ?

Carolle Brabant : Lorsque Sunny Side of the Doc nous a approchés pour faire du Canada le pays à l’honneur de l’édition 2016, Téléfilm et ses partenaires y ont vu une excellente occasion de mettre en valeur la diversité des thématiques abordées par le documentaire canadien, la richesse de ses contenus et l’expertise de ses  créateurs. Les Canadiens ont souvent contribué à l’avancement du genre avec des œuvres marquantes comme en témoignent les nombreux prix remportés dans les plus grandes manifestations internationales. Aujourd’hui, à l’ère de la multiplication des plateformes numériques, nos documentaristes continuent d’explorer, d’innover et de produire des contenus aussi fascinants que pertinents. Soutenus par un écosystème de financement unique au monde et par 53 traités de coproduction, ils sont plus que jamais ouverts aux partenariats internationaux pour créer des contenus qui répondent aux attentes des auditoires du monde entier.