Generation What? Asia-Pacific, making-of d’une campagne internationale

La précédente édition d’Asian Side of the Doc à Bangkok en octobre 2016 avait été marquée par le lancement du format transmedia international « Generation What? » en région Asie-Pacifique. En partenariat avec l’Asia-Pacific Broadcasting Union (ABU) et l’UNESCO, les cofondateurs de la campagne, Yami 2 et Upian, y avaient rencontré des financiers et diffuseurs du Japon, de Corée du Sud, de Thaïlande et d’Australie…prêts à les rejoindre dans cette aventure.

Christophe Nick, Producer at YAMI 2

Christophe Nick, Producer at YAMI 2

Pour référence, « Génération What? » Europe (www.generationwhat.eu) avait atteint plus d’un million de jeunes en Europe en partenariat avec 15 diffuseurs européens, coordonnés par l’UER.
Où en est le projet dans la région Asie-Pacifique ? Christophe Nick, producteur et réalisateur chez Yami 2 nous en dit plus et vous donne rendez-vous à Asian Side of the Doc en 2018.

Avec ce 3ème Steering Group Meeting à Asian Side of the Doc le 1er février 2018, nous entrons de plein pied dans le rétro-planning de production de contenus, avec la préparation des castings et des tournages pour les vidéo-modules, la préparation de la livraison des back-offices de chaque site, les traductions dans toutes les langues, le choix des sociologues, pays par pays.

Quels seront les objectifs du 3ème Steering Group Meeting de « Generation What ? Asia-Pacific » organisé par ABU pendant Asian Side of the Doc 2018 ? 101016_HP_gen_what_asia-pacific_Logo_Asia_Pacific_bleu

Le premier, tenu dans les bureaux de l’Unesco à Bangkok, avait vocation à réunir tous les diffuseurs intéressés, à les familiariser avec le projet, à déterminer une feuille de route pour chaque chaîne et un calendrier réaliste. Chaque diffuseur avait délégué son « project manager ». Ils entraient tous pour la première fois dans le monde merveilleux du transmédia. Et honnêtement, ce n’est pas simple quand on débarque !

Le deuxième, tenu en octobre 2017 à Kuala Lumpur, était une étape importante : valider tous ensemble le questionnaire pour le bloc Asie-Pacifique. Nous avions la version européenne d’un côté, une version modifiée sur une vingtaine de questions par les diffuseurs du monde arabe de l’autre, il fallait confronter les différences et intégrer des questions propres à la région. Deux jours ne furent pas de trop.

Ce 3e Steering Group vise à préparer l’entrée en production. Les japonnais de la NHK ont déjà commencé, ils doivent impérativement lancer l’opération en avril 2018. Les autres diffuseurs de la région lanceront le programme en septembre 2018. Avec ce troisième Steering Group, nous entrons de plein pied dans le rétro-planning de production de contenus, avec la préparation des castings et des tournages pour les vidéo-modules, la préparation de la livraison des back-offices de chaque site, les traductions dans toutes les langues, le choix des sociologues, pays par pays. La coordination avec les sociologues arabes et européens a été au centre de nos problématiques cet automne. On va donc pouvoir, à tous les niveaux du projet, commencer à entrer dans le dur.

Un 4e steering group devra se tenir avant l’été. Il s’agira de travailler ensemble au lancement dans toute l’Asie : partenariats, marketing, communication, TV Content… Le dernier étage de la fusée avant la mise en orbite !

Qui sont les diffuseurs impliqués dans le projet GWAP à ce jour ?

Il y a un premier noyau dur, ceux présents dès le premier steering group :

  • NHK au Japon, 
  • NTV, UBS, ONTV et ETV en Mongolie, 
  • RTA en Afghanistan, 
  • BCS au Bangladesh, 
  • BBS au Bouthan, 
  • TVK au Cambodge, 
  • RRI en Indonésie, 
  • ACORAB au Népal, 
  • Thai PBS en Thailande.

Un deuxième cercle rassemble des diffuseurs qui finalisent leur engagement : ABC en Australie, TVNZ et Maori TV en Nouvelle Zélande.

Enfin un troisième cercle avec des diffuseurs qui ont manifesté leur intérêt mais ne l’ont pas encore concrétisé par une Letter of Interest auprès de l’ABU. Pour ces pays, je ne peux pas donner le nom du diffuseur, les choses sont encore confidentielles, mais je peux vous dire que nous travaillons en Malaisie, au Vietnam, au Kazakhstan, en Turquie, en Corée du Sud, à Hong-Kong, à Singapour, en Chine… L’Inde est un cas à part.

Bien sûr, la liste n’est pas close. Tout pays,n tout diffuseur qui souhaite entrer dans le consortium en a encore largement le temps.

Quelles sont les prochaines étapes pour le lancement de la phase de production du projet ?

Nous avons un gros travail à finaliser avec l’Unesco pour le fundraising. Également un gros chantier juridique avec l’ABU et l’ensemble des diffuseurs.
Merci au passage à la NHK grâce à qui nous avons bien déblayé le terrain au cours d’un séjour d’une semaine à Tokyo fin septembre.

Les équipes d’Upian vont ensuite monter en puissance, pour la fabrication du hub qui permettra à tous les diffuseurs d’interconnecter leurs sites. Chez Yami, on se prépare à coordonner les montages des modules vidéos, leur traduction et le montage des 21 compilations. Les deux équipes sont maintenant bien rodées : tout le monde à Paris travaille sur le lancement dans les huit pays arabes en mars 2018, les choses vont pouvoir s’enchainer en douceur à partir d’avril.

La coopération internationale fait partie de l’ADN de Yami2 dans la production de documentaires.
Quelles nouvelles opportunités de collaboration transnationale pourrez-vous présenter aux professionnels asiatiques présents à Asian Side of the Doc 2018 ?

Nous avons esquissé une nouvelle offre, en partenariat avec Arte et la NHK, dans le cadre de Generation What, au dernier Sunny Side à La Rochelle. Nous voulons cette fois à Bangkok aller beaucoup plus loin et sensibiliser les diffuseurs de la région à ce nouveau projet.

Il s’agit de couronner l’opération Generation What en organisant Le Weekend, une programmation spéciale adaptée à chaque diffuseur et dont la version pleine durera 53 heures. Nous serons alors en juin 2020 et nous dirons aux téléspectateurs du monde entier : maintenant, si vous voulez savoir ce que sera le 21e siècle, il est temps d’écouter ceux qui le ferons, les millenials. La rupture générationnelle est aussi forte que dans les années 60 avec les babyboomers. Simplement, cette fois-ci, au lieu d’aller à Woodstock pour voir ce qui se passe, nous invitons les téléspectateurs du monde entier à allumer leur télé ce weekend et à regarder.

A partir d’un vendredi à 19h30 et jusqu’à la fin de la nuit du dimanche suivant, les diffuseurs se coordonneront pour laisser leur antenne à cette génération. Tous les programmes seront faits et réalisés par des millenials. A partir des résultats mondiaux de Generation What, nous allons les laisser faire le portrait de leur génération. Ils nous diront et nous montreront ce qu’ils aiment et veulent, ce qu’ils ne veulent plus et rejettent. Ils parleront de leur intimité, de leur relation avec les autres générations, de leur vision du monde. Des documentaires très ambitieux, des jeux, le plus grand concert de tous les temps, la rédaction d’un Manifeste à l’adresse des leaders du monde, le tout évidemment en transmedia, web et télé combinés.

Nous travaillons entre Londres, Paris et Tokyo, avec nos amis de Films of Record, pour présenter la première ébauche de programmes à l’occasion d’Asian Side of the Doc 2018. Tout ceci se fait dans l’idée qu’en 2019, Generation What sera lancé en Afrique et aux Amériques. Ainsi, en 2020, les cinq continents auront été couvert par l’opération et plus de 50 diffuseurs mobilisés. Nous voulons les embarquer tous pour ce final, honnêtement complètement dingue.

 A noter: Thai PBS sponsorisera un déjeuner thématique sur invitation « Generation What? Asia-Pacific » le mercredi 31 janvier.